Embruns et effluves
Après
Embruns et embrouilles, je remets ça parce que décidément, je
m'amuse beaucoup avec ce garçon - bon, en même temps, c'est presque
trop facile et je vais donc vite me lasser.
Donc, aujourd'hui, après avoir passer quelques heures à s'enorgueillir d'être attentif à la préservation de ce qu'il appelle "son écosystème" de tous ceux qui "le font chier" (je cite) parce qu'ils viennent taquiner sa Môjesté, l'ami Embruns n'a pas résisté et a consacré un billet (bon, je sais pas si c'est là bien le mot) à ces blogueurs qui (donc) "le font chier".
Alors, arriva bien entendu ce qui devait arriver : les qui font chier sa Môjesté Embruns sont venus faire chier sous le billet (non, sûr que c'est pas le mot !) de sa Môjesté Embruns qui donc parlait d'eux.
Moi, forcément, ça m'a inspiré le commentaire suivant - suis comme ça, je résiste pas à mes inspirations (ça m'épuise) :
Dites, laurent, vous ne seriez pas en train de refonder votre écosystème... à vous complaire ainsi à parler des personnes qui (je vous cite) "vous font chier", donc inévitablement à baigner et vous ébattre dans vos propres déjections.
"Embruns", je viens de comprendre : c'est une litote pour les "Effluves" d'un écosystème merdique...
C'est mignon tout plein.
Bon j'admets que "écosystème merdique" prête à confusion (si on ne veut pas faire l'effort nécessaire) et qu'il aurait été plus prècis (mais peut-être moins subtil) d'écrire "écosystème emmerdé". Cela dit, vous je sais pas, mais moi ça me fait rire - je sais, il faut pas dire qu'on se fait rire, c'est un poil prétentieux, mais voilà : ça me fait rire, moi ! (admettez que c'est déjà un beau résultat).
Bref, Embruns, lui, ça ne semble pas du tout l'avoir fait rire et, une fois encore, tout plein de rage, il a gribouillé très fort par dessus mon commentaire. Ce qui, forcément, m'a fait réagir (parce que j'aime bien pousser grand-mère dans les orties) :
C'est marrant, je me doutais que vous seriez inaccessible à ce genre d'humour. vous qui donnez si facilement dans la causticité, vous devenez étrangement très sérieux et très premier degré quand il s'agit de votre propre personne.
Détendez-vous, que diable ! ce ne sont là que joutes verbales sans conséquence - et que vous avez en l'occurrence vous-même initiées avec ce billet, admettez-le.
Détendez-vous, prenez un peu de hauteur et souffrez donc qu'on vous taquine un brin.
Non ?
Bon, jusque là ça va, il n'a pas encore joué les gribouilleuses. Mais c'est peut-être parce qu'il en est, à cette heure où j'écris (tard, trop tard!), à justifier des insinuations d'incitation à la pédophilie visant ces mêmes (toujours) "qui le font chier"...
... tiens tiens, c'est étrange, mais ça devient tout à coup moins marrant. Non ? Voire ça commence à fleurer sacrément mauvais : de vraies effluves de merde, pour le coup.Vous ne sentez pas ? Vous voudriez sentir ? Ledit billet - non, j'ai enfin trouvé le mot qui convient : l'étron est à cette adresse (mais vraiment, c'est uniquement si le coeur vous en dit)...
Source : Embruns et effluves
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Embruns et embrouilles
Toujours des hommes bâtissent des murs pour se protéger et, ce faisant, s'y enferment avec ceux qu'ils veulent reconnaître pour leurs semblables. Ces hommes-là, derrière leurs hauts murs, inaccessibles à tous ceux qui sont en dehors de leur petit monde docile et apprivoisé, sont désespérants.
Embruns a publié une petite heure avant la sortie du nouveau classement Wikio un billet façon vierge effarouchée accouplée au chevalier blanc qui se la pète... dans lequel il demande de ne plus figurer dans le classement Wikio.
Embruns
a donc écrit sa petite bafouille :
"M. Wikio,
Merci de bien vouloir m’enlever dans les meilleurs délais de
votre classement ridicule. Votre bousin ne m’apporte que
des désagréments. Je n’ai pas besoin de plus de visibilité et
je tiens à garder intact l’heureux écosystème qui gravite
autour de mon carnet Web. Je ne tiens pas non plus à être intégré
sans mon accord dans un outil qui manque tant de transparence sur
ses tenants et aboutissants.
Je vous prie également, par la même occasion, de vous abstenir de
republier publiquement la moindre portion de mon flux XML.
Meilleures salutations.
Laurent Gloaguen."
Lisant cela, je me suis quant à moi permis de dire, dans les commentaires du dit brillant billet, ce que j'en pense - tellement ça me semble encore plus con qu'orgueilleux, cette démarche :
"Bah alors ça comme requête, c'est
totalement débile ! Ton blog est public, en parle qui veut, même ce
cher M.Wikio. Hey, Embruns, c'est le oueb, tu te rappelles !
Tant que t'y es, je te suggère ce billet, ça marche aussi
:
Mme Google,
Merci de bien vouloir m'enlever dans les meilleurs délais de votre
base de référencement
ridicule. Votre bousin ne m'apporte que des désagréments. Je
n'ai pas besoin de plus de visibilité et je tiens à garder intact
l'heureux écosystème qui gravite autour de mon carnet Web. Je ne
tiens pas non plus à être intégré sans mon accord dans un outil qui
manque tant de transparence sur ses tenants et aboutissants.
Je vous prie également, par la même occasion, de vous abstenir de
republier publiquement la moindre portion de mon flux XML.
Meilleures salutations.
Laurent JeC+koiInventerPourFaireleMalin"
Ce cher Embruns a choisi de censurer ce commentaire et invoque pour ce faire la raison suivante : "J'ai supprimé votre commentaire qui me traite de débile, vous ne faites justement pas partie de l'écosystème."
Ce à quoi j'ai pondu la réponse suivante : "C'est la requête que je juge débile et c'est sans ambiguïté ce qui était écrit. De même que je trouve maintenant cette censure parfaitement stupide. Quant à vous, je ne vous connais pas et je ne me permets pas de vous qualifier. Eventuellement, je dirais que vous n'êtes décidément pas beau joueur. Rassurez-vous, ce n'est pas bien grave."
Il me faut ici maintenant ajouter - même si ce n'était pas d'avantage ambigü - que c'est à la démarche d'Embruns qu'il faut attribuer le qualificatif de "plus con qu'orgueilleux".
Après, on me dira qu'un individu se définit d'après ses actes. Ce n'est pas faux, mais cela sous-entend l'ensemble de ses actes. Un billet (ou même un blog tout entier) ne saurait se substituer à l'ensemble des actes d'un individu.
Bref, quelle que soit l'importance que lui-même se donne, Laurent Gloaguen ne m'intéresse pas et je le dis sans offense. Je réagis à ce qui me fait réagir - en l'occurence, quelques mots qui me semblent risibles (mais aussi révélateurs d'une forme de pensée) pondus par (mais c'est accessoire) un dénommé Embruns.
Je trouve étrange et fascinant à quel point, même sur un espace aussi libre et à la fois protecteur que le oueb, certains se trouvent encore comme apeurés et bridés, au point de chercher à toute force à se protéger de l'Autre qui les perturbe, qui déforme l'image qu'ils cherchent à donner d'eux-mêmes - et d'abord à eux-mêmes.
Tout bien réfléchi, c'est d'ailleurs sur le thème de "l'écosystème à préserver" qu'il serait le plus intéressant de se pencher. Pour faire court, ça me fait penser à ces fermiers du Far West qui voulurent mettre des barbelés sur la prairie. Toujours des hommes bâtissent des murs pour se protéger et, ce faisant, s'y enferment avec ceux qu'ils veulent reconnaître pour leurs semblables. Ces hommes-là, derrière leurs hauts murs, inaccessibles à tous ceux qui sont en dehors de leur petit monde docile et apprivoisé, sont désespérants.
Source : J'ai été censuré chez Embruns
Crédit photo : Raphael Goetter
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Ce matin, envie de bouffer du curé !
Du mensonge christique et de la tragique illusion de Dieu
Mercredi 13
janvier au dîner du CRIF auquel il était convié, en déclarant :
"Le drame du XXème siècle, de ces millions d'êtres projetés
dans la guerre, la famine, la séparation, la déportation et la
mort, n'est pas né d'un excès de l'idée de Dieu, mais de sa
redoutable absence", Nicolas Sarkozy, décidément tout petit
président de la république laïque de France, a franchi les limites
de l'acceptable.
Une telle déclaration publique, officielle, est une agression insupportable contre les convictions de tous les athées, ou du moins contre mes convictions philosophiques personnelles - et je vais éviter ici de sombrer d'ores et déjà dans un pseudo communautarisme des sans-dieu.
Disons-le tout net, je vis cette dernière éructation présidentielle comme une provocation de trop et une déclaration de guerre, comme un appel à déterrer des armes qui furent enterrées avec le calumet de la paix de la laïcité.
C'est pourquoi je m'autorise à proclamer ici publiquement que le grand drame de l'Histoire des hommes depuis vingt siècles, d'obscurantisme en oppression, de massacre en génocide, de guerre en croisade, de colonisation en esclavagisme, est le fruit du mensonge christique dont le poison est la tragique illusion de Dieu.
Et je me souviens soudain, qu'à la basilique Saint-Jean de Latran à Rome, le 20 décembre dernier, ce même Sarkozy, étriqué et vulgaire avait déclaré que "dans la transmission et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur". Aussi, puisque la guerre est ouverte, j'affirme en retour que les petits enfants deviendraient moins facilement de grands cons si on leur évitait d'avaler toutes les conneries que débitent les curés.
Le 27 septembre 1946, un certain Gilles Colin écrivait dans le Monde Libertaire : "Soit dit en passant, les zélateurs de la religion catholique sont bien obligés d'imputer à leur fétiche tout puissant, Jésus-Christ, la conception et la réalisation des sanguinaires mise en scène que sont les guerres mondiales. Obligés de lui reconnaître une intervention personnelle dans les catastrophes ferroviaires et autres fariboles qui ne constituent pour lui que les plus inoffensifs et dilettantiques passe-temps.". Gilles Colin était alors le pseudonyme d'un certain Georges Brassens, lequel écrivit également ces quelques vers :
Le clergé vit au détriment
Du peuple qu'il vole et qu'il gruge
Et que finalement
Il juge.
(Georges Brassens / 1921-1981 / Opinion)
Mais puisque je donne dans la citation, je
vous livre également celle-ci qui me plait beaucoup :
"On sent, je crois, qu'avoir de la religion, pour un enfant, et
même pour un homme, c'est suivre celle où il est né. Quelquefois on
en ôte ; rarement on y ajoute ; la foi dogmatique est un fruit de
l'éducation. Outre ce principe commun qui m'attachait au culte de
mes pères, j'avais l'aversion particulière à notre ville pour le
catholicisme, qu'on nous donnait pour une affreuse idolâtrie, et
dont on nous peignait le clergé sous les plus noires couleurs. Ce
sentiment allait si loin chez moi, qu'au commencement je
n'entrevoyais jamais le dedans d'une église, je ne rencontrais
jamais un prêtre en surplis, je n'entendais jamais la sonnette
d'une procession sans un frémissement de terreur et d'effroi, qui
me quitta bientôt dans les villes, mais qui souvent m'a repris dans
les paroisses de campagne, plus semblables à celles où je l'avais
d'abord éprouvé. Il est vrai que cette impression était
singulièrement contrastée par le souvenir des caresses que les
curés des environs de Genève font volontiers aux enfants de la
ville."
(Jean-Jacques Rousseau / 1712-1778 / Les confessions / posthume,
1782)
Mais surtout, pour en revenir à notre petit président qui vomit du Guaino comme un enfant fait sa gastro, parlant d'un "monde sans Dieu, que le nazisme et le communisme ont cherché à bâtir", il semble important de rappeler le rôle plus que trouble et souvent actif qu'ont joué les églises catholiques d'Europe en général, et le Vatican en particulier, aux côtés des nazis allemands, comme d'ailleurs des facistes italiens ou espagnols.
Rappelons par exemple que le pape Pie XII n’a, durant la Seconde Guerre mondiale, jamais condamné la persécution des juifs par les nazis. Et évoquons qu'il n'y a pas si longtemps le directeur israélien du centre Wiesenthal de recherches sur le nazisme a été contraint d'exprimer son regret que le Vatican ne reconnaisse pas que "l'antisémitisme chrétien a conduit à la Shoah". C'était après que dans un texte intitulé "Souvenons-nous : une réflexion sur la Shoah", publié le 18 mars 1998, le Vatican a cherché à nier un lien de cause à effet entre l'antijudaïsme historique des chrétiens et l'antisémitisme des nazis, le Vatican se contentant seulement de déplorer que des chrétiens n'aient pas apporté, à ceux qu'on persécutait, toute l'aide qu'on était en droit d'attendre d'eux, exprimant néanmoins ses "regrets" pour "la méfiance et l'hostilité" dont les juifs ont été victimes de la part des chrétiens et demande pardon "pour les fautes" de ses croyants. C'est dire si le Vatican lui-même va moins loin dans le révisionnisme historique que Nicolas Sarkozy.
Ainsi donc l'Europe aurait des racines chrétiennes, mais pas nos deux guerres mondiales et pas non plus la Shoah. Je crois qu'on voit en cet homme à la pensée étriquée l'exemple même des ravages de la catéchèse sur les enfants de France. Il devient urgent de les en préserver, de les libérer du catéchisme qui les pervertit, urgent qu'à la mission évangélique du christianisme s'oppose la volonté libératrice de la laïcité.
Mais terminons par Voltaire qui écrivit : "La religion existe depuis que le premier hypocrite a rencontré le premier imbécile !"
Du mensonge christique et de la tragique illusion de Dieu
Antoine Bibi et Casimir
La première série humoristique sur internet
Antoine, Bibi et Casimir est une série moderne, drôle, actuelle qui raconte, sur le ton de l'humour, les aventures sentimentales et sexuelles de trois amis co-locataires, célibataires, leur recherche de l'amour avec un grand A.
Toutes les situations sont traitées de façon comique avec une succession de gags, pour que le rire soit toujours au rendez-vous.
En 2008, un célibataire qui recherche l'amour peut rencontrer le sexe et celui qui recherche le sexe peut rencontrer l'amour. Cela donne lieu à des situations psychologiques cocasses et délirantes.
Nos trois célibataires se débattent de manière comique dans leurs histoires amoureuses et sexuelles. Chacun pourra se reconnaître dans cette quête du bonheur et de l'amour, dans cette recherche de l'idéal, tellement contrariée par la réalité que ça en devient drôle.
Rendez-vous ici pour voir le premier épisode et les suivants, très bientôt.
Cortex Academy
Voyage au coeur du cerveau d'un homme
Que se passe-t-il dans le cerveau d'un homme lorsque sa femme lui annonce qu'elle le trompe ?
Cortex Academy, petit film d'animation réalisé par Frédéric Mayer et Cédric Jeanne, sur l'oeuvre originale "L'émotivité et la raison" de François Pérusse, a remporté plusieurs prix dont le prestigieux IMAGINA 2004 à Monaco et fut présenté au célèbre SIGRAPH à Los Angeles.
Carla Bruni chante Brassens
Et quand je pense à Nicolas...
... parce que la bandaison de papa, ça ne se commande pas.
A quoi ça sert l'amour ?
...
Tout ce qui maintenant
Te semble déchirant,
Demain, sera pour toi
Un souvenir de joie !
paroles et musiques : Michel Emer - 1962
duo : Edith Piaf et Théo Sarapo
Qui s'enfuit déjà
Le présent est un mourant qui n'en finit jamais de mourir, de crever et de partir en lambeaux dont le souvenir est une nécrose
Nécrose de ce qui a été et qui a cessé d'être, qui ne sera plus.
et son foutware
Don de soi
Un sourire est la seule chose que l'on donne et qu'on ne peut reprendre, la seule chose qu'il est possible de donner vraiment.
et son foutware
Météo : avis de grand froid
Elle s'éloigne de moi
Sa froideur me pénètre
Me glace
Et s'étend sur le monde
Et s'étend sur le monde
Et s'étend sur le monde
et son foutware
Faire la nique à la nécrose
Ce matin, une vieille dame est passée devant moi, lentement, vacillante, le dos courbé, se traînant avec difficulté appuyée sur une béquille en métal. Elle était souriante et ridée, fragile. Elle ne semblait pas exaspérée par sa laborieuse progression. Un coup de vent l'aurait emportée, disloquée, éparpillée sur le trottoir. Elle a traversé la rue. Le temps que le feu passe au vert lui fut tout juste suffisant. Elle s'est appuyée contre un arbre pour reprendre son souffle. Puis elle a fouillé dans son sac en toile, en a extirpée une petite clé et a libéré de son antivol une trottinette à moteur électrique. Juchée sur son engin, elle a filé sur l'asphalte, souriante et ridée.
lire plus dans le foutware
Coup de froid
On est seul...
L'amour est un mirage, sublime et grandiose, une illusion puissante, qui parvient à donner à croire qu'il est possible d'être deux, délicieusement possible de dire nous.
Pour échapper à sa désespérante solitude, l'homme passe sa vie à chercher et poursuivre l'amour. C'est un autre qu'il cherche... Et une chimère qu'il poursuit.
L'amour est une simple saison qui passe en laquelle deux âmes solitaires se frôlent. La mort, un coeur figé par un gel d'hiver et qui a cessé de marteler son cri sourd.
On est seul, toujours. Et on a froid.
La quête de l'amour n'est que prétexte à la nécessité qu'il y a à faire la route à deux, se réchauffer un peu l'un l'autre et penser un peu moins à soi. Croire.
Oui, croire... Et l'amour n'est finalement qu'un Dieu universel, et le couple la religion officielle.
Les jouets de Dieu
Dieu est un enfant capricieux.
Et nous sommes ses jouets. De petits soldats de plomb disposés sur
le sol de sa chambre.
Pan ! T'es mort.
Deviendra-t-il adulte un jour ?
Il nous faut l'espérer comme la promesse d'un paradis
terrestre.
Mais nous aurons d'abord à traverser avec lui
les tourments de ce purgatoire qu'est l'adolescence.
Une période sombre et de nouveaux jeux solitaires dont nous avons
beaucoup à craindre.
Tautologie originelle
La quête de paradis artificiels.
Tout est là qui s'exprime avec pudeur, dans ce non-dit qui est dit deux fois.
L'irréductible espérance des hommes.
On parle aussi de périssologie.
Monologue vaginal
8 mars 2006 - à l'occasion de la journée internationale de la femme et extrait des rush de mon roman, Lulli - ici comme un hommage aux vagins...
Monologue Vaginal
Ce n’est pas grand-chose pourtant. Un
vagin.
Presque rien, un vide sidéral entre les parois humides d’une
grotte sombre. Une excavation improbable et creusée dans les
chairs. Des plis et des replis… et des replis encore. Des
chairs dentelées, bistrées, qui abritent, renferment et libèrent la
fragrance obsédante et chaude des sucs – perles qui suintent
lentement dans l’intérieur secret de ce puits profond de
chair, de sueur et de sang.
Un peu plus que rien en vérité. Loin toutefois de l’idée
magnifiée qu’on s’en fait, cette idole qu’on
adore et qu’on craint.
Un trou noir. Un puits gravitationnel infiniment
profond creusé dans l’espace-temps du corps de la femme. Un
trou noir qui délimite un en deçà et un au-delà du vagin, qui trace
la frontière entre deux univers qui s’ignorent.
À l’extérieur, le monde des petits oiseaux, des fleurs et des
violons, l’univers des sentiments onctueux et des paroles
d’amour murmurées – et le reste aussi : les
amitiés viriles, le sport, les concerts de rock, la télévision, la
politique, les guerres et les dîners en ville, Dieu et la
philosophie, toutes ces choses passionnantes qu’on appelle la
vie, quand on veut ignorer la mort. Un univers confortable où
chaque pensée trouve une place où se vautrer mollement et
s’épanouir. Un monde où l’on peut se croire
éternel.
Mais le vagin, son intérieur, on y pénètre une fois pour n’en
plus jamais sortir. Il se produit à ce point que l’on
n’ose franchir qu’avec frayeur, une puissante et totale
accrétion de l’esprit où toute pensée se retrouve
irrémédiablement aspirée dans une autre dimension, un univers
vaginocentré d’où l’on ne revient pas. Improbable et
définitif retour vers l’origine de soi. Sauf qu’il ne
s’agit pas d’être, cette fois, mais d’avoir, de
posséder afin de comprendre les raisons profondes de soi. Aller au
fond des choses, comme on dit.
On n’y arrive pas. Il n’y a pas de fond et on
s’enfonce. On s’enfonce et c’est exténuant. Et on
s’enfonce toujours plus profondément, précédé toujours par le
même espoir dément de trouver… quoi ? On ne sait pas
même ce qu’on cherche. Bien plus à coup sûr que
l’éphémère et morne apaisement que procure
l’orgasme.
... lire la suite.
Vivre au galop
La vie est un cheval à bascule. On l'enfourche, on tire son épée, on lance sa monture au triple galop et on file à travers le temps. A la fin, quand on comprend qu'on a fait du surplace, on se dit qu'on s'est bien amusé quand même.
Et puis il y a les pisse-froid, qui jouent les importants, trop sérieux pour s'amuser ainsi, comme des enfants. Juchés sur le cheval à bascule de la vie, ils regardent les autres avec hauteur et mépris. Ils bougent les hanches avec mesure et retenue, sans joie. Et quand ils comprennent qu'ils n'ont guère abouti plus loin, il est trop tard et c'est en pleurant qu'ils touchent le sol.
souvenir d'enfance
Je me souviens de ce médecin, un pédiatre, une femme, que ma mère m’emmenait voir, enfant, quand j’étais malade. Je détestais aller la voir. Elle était vieille et moche. Elle avait les mains froides. Elle sentait mauvais. Surtout, il y avait chaque fois ce moment où elle baissait mon slip et prenait mes couilles entre ses mains pour les soupeser. Pourquoi diable doit-on soupeser les couilles d’un enfant quand il a un rhume - ou même une angine ou une otite ? C'est ce que je me demandais chaque fois. Elle me palpait un testicule et puis l'autre en hochant la tête avec gravité. Ensuite elle me rassurait d'un sourire : tout allait bien. Mais je n'en avais pas douté, c'est à la gorge que j'avais mal. Cette intrusion froide dans mon intimité, ça avait quelque chose d'humiliant, une sorte de négation de ma virilité. Plusieurs fois je me suis retenu de lui pisser dessus.
Depuis, quand une femme prend mes couilles dans ses mains, ça me donne la sensation d’être malade. Elle pourrait aussi bien me demander d'ouvrir la bouche, de tirer la langue et de faire aaaaaah. Merci Docteur, au revoir Docteur. Les autres hommes aiment ça, paraît-il. Chacun vit ses propres expériences et fait avec ses propres souvenirs d'enfance. Moi, ce que j'aime bien, c'est quand au jeu du docteur c'est moi qui joue le rôle du médecin.
de la province
Souvent on parle de "la qualité de vie" qu'on trouve en province. Et il est bien vrai, je le constate avec étonnement chaque fois qu'il m'arrive de sortir de Paris et d'aller passer quelques temps en Province (Où ça ? Vous savez, la province : cet Ailleurs indéfini et qui n'est pas Paris...), soudain voilà qu'on n'est pas pressé et que pour chaque chose que l'on fait il devient possible de prendre son temps. On va acheter une baguette et on peut s'autoriser vingt minutes avec la boulangère, puisqu'on n'a pas grand chose à faire après, sinon s'en jeter un ou deux au comptoir. On est à ce point peu pressé en réalité qu'au fil des heures et des jours qui passent, et qui passent au bout du compte avec une lenteur extrême, on cherche le moyen d'en perdre un peu tout de même, du temps, afin qu'il finisse par véritablement donner le sentiment de passer. Et bien souvent, au bout du compte, faut avouer, on s'emmerde.
Mais bien heureusement, la Province est un endroit qui n'existe pas, un ailleurs qui n'est jamais ici mais toujours là-bas ; et la "provincialité" est un art de vivre peu que l'on cultive aussi bien à Paris que partout.
Ouf !
Attention, seins méchants !
Elle avait une poitrine opulente, deux merveilles de soie. Alors j'ai plongé, supposant avec grand tort que la profondeur de ses mamelles pouvait présager d'un grand cœur. Mais voilà, chez elle, contrairement à l'idée reçue, abondance mammaire et générosité ne faisaient pas bon ménage, et j'ai réalisé trop tard qu'un cœur n'avait aucune chance de s'être épanoui là, comprimé qu'il était par une poitrine qui occupait en vérité bien davantage que cet espace imposant en avant d'elle. Elle vous aurait étouffé avec plutôt que de vous autoriser un accès vers son intérieur palpitant. J'y ai survécu et je peux aujourd'hui témoigner qu'il est des rencontres qui forgent vos goûts plus sûrement que l'image fantasmée d'une mère et le souvenir inconscient des moments délicieux où, le visage enfoui dans le moelleux du sein maternel, un téton à portée de succion et un rot en attente, on touchait en cet endroit au paradis. D'aucuns soupireront toute une vie après ce bien-être infantile, je suis quant à moi définitivement revenu de cet amour régressif qu'on a pour les gros seins.
lubri-cité
Entendu ce matin, dans un café à Ménilmontant
:
- Nous vivons une époque vachement lubrique.
- Ha oui ? Tu m'en diras tant.
- Oui. Tu vois, même les téléphones mobiles.
- Hein ?... Sans fil, tu veux dire.
- Quoi ?
- Même les téléphones s'enfilent.
- Bah ouais, c'est pareil. Un portable, quoi.
Délicieux. Ne pas sourire. Ne rien
ajouter.
Et aimer son prochain.
Simplement ça.







