Troïlus et Cressida : Shakespeare / Declan Donnellan



Epoustouflant !

Troïlus et Cressida : Shakespeare et Declan Donnellan

Troïlus et Cressida est sans aucun doute, dans sa construction et son écriture, une des pièces les plus déroutantes de William Shakespeare. Et si on hésite tout du long de la pièce entre comédie et tragédie, entre épopée et romance, entre héros et bouffons, c'est qu'en réalité on assiste à tout cela à la fois et qu'on y plonge avec délice tant il est clair que cette pièce-là est une de ces oeuvres monumentales de ce géant de la dramaturgie.

Troïlus et Cressida sont deux jeunes amants dont l'amour a pris corps au coeur même de Troie assiégée par les troupes grecques, menées par le grand Agamemnon et venus jusque sous ces remparts pour reprendre Hélène à Paris et la rendre à Ménélas. Ainsi la toile de fond de cette pièce est-elle formée par la foule étincelante des héros grecs et troyens. Pourtant, loin d'être ici perchés haut sur leurs habituels piédestaux de sentiments purs, Shakespeare s'est plu à les dépeindre, sinon moins glorieux, du moins plus humains, à une distance plus que respectable des Dieux. Agamemnon est un imbécile ; le sage Ulysse est un chef d'état-major pompeux et manipulateur, adepte sournois de l'intrigue et des coups fourrés ; le grand Ajax est une brute épaisse et à la cervelle étriquée ; quant à Achille, le voilà bouffi d'orgueil, aussi vil que vaniteux ; du côté des Troyens, on ne voit qu'une bande de courtisans sans saveur, faisant force courbettes devant cette catin d'Hélène et de laquelle n'émerge en définitive qu'Hector, dont la stature de héros est épargnée comme pour mieux faire contraste ; et la guerre, fut-elle de Troie, en paraît soudain plus prosaïque et son motif plus vulgaire : "Quelle bouffonnerie !, dit Thersite, La cause de tout ce bruit, c'est un cocu et une putain. Bonne querelle pour dresser les factions jalouses et faire qu'on se saigne à mort !"...

Bien entendu, Troilus assistera à la trahison de Cressida, Patrocle sera tué par les Troyens et Achille terrassera Hector - ici au prix d'une traîtrise indigne d'un héros grec. Mais l'essentiel est ailleurs et que nous donne à savourer ce talentueux metteur en scène qu'est Declan Donnellan - souvenez-vous, Cymbeline (encore Shakespeare), c'était déjà lui - et sa troupe de comédiens, tous magistraux. L'essentiel est, pour emprunter les mots de Donnellan, dans cette "satire imprégnée de sauvagerie cruelle et de fureur brutale qui traite de la guerre en attaquant sa capacité d’enchantement pervers et d’envoûtement, ce qui fait l’essence de la sottise et l’absurdité même de la guerre."

La scène est un simple podium, plutôt étroit, sur laquelle défilent sur un rythme effréné, et devant les spectateurs placés de part et d'autre, troyens en blancs et grecs en noirs. Pour tout accessoire, quelques tabourets carrés, ainsi que le talent immense et la fougue généreuse des comédiens, dirigés magistralement par un metteur en scène dont la sobriété rend hommage à une inventivité tout en intelligence et finesse. Et lorsque Patrocle doit mourir, quand d'aucun aurait sans doute cédé à tel effet spécial spectaculaire à base d'une abondance giclante d'un succédané de ketchup, Declan Donnellan choisit de le faire disparaître derrière les trois boucliers de ses trois assassins qui le trucident en glissant leurs épées dans les interstices aveugles : il est mort, théâtralement - et c'est beau.

Inutile d'en dire davantage, ce sont trois heures tout simplement sublimes et, habitués ou non des salles de spectacle, vous constaterez avec bonheur que ça faisait trop longtemps que vous n'aviez pas été au théâtre.


Troïlus et Cressida : Shakespeare et Declan Donnellan


"Troïlus et Cressida" : Shakespeare / Declan Donnellan





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Ce matin, envie de bouffer du curé !


Du mensonge christique et de la tragique illusion de Dieu


envie de bouffer du curéMercredi 13 janvier au dîner du CRIF auquel il était convié, en déclarant : "Le drame du XXème siècle, de ces millions d'êtres projetés dans la guerre, la famine, la séparation, la déportation et la mort, n'est pas né d'un excès de l'idée de Dieu, mais de sa redoutable absence", Nicolas Sarkozy, décidément tout petit président de la république laïque de France, a franchi les limites de l'acceptable.

Une telle déclaration publique, officielle, est une agression insupportable contre les convictions de tous les athées, ou du moins contre mes convictions philosophiques personnelles - et je vais éviter ici de sombrer d'ores et déjà dans un pseudo communautarisme des sans-dieu.

Disons-le tout net, je vis cette dernière éructation présidentielle comme une provocation de trop et une déclaration de guerre, comme un appel à déterrer des armes qui furent enterrées avec le calumet de la paix de la laïcité.

C'est pourquoi je m'autorise à proclamer ici publiquement que le grand drame de l'Histoire des hommes depuis vingt siècles, d'obscurantisme en oppression, de massacre en génocide, de guerre en croisade, de colonisation en esclavagisme, est le fruit du mensonge christique dont le poison est la tragique illusion de Dieu.

Et je me souviens soudain, qu'à la basilique Saint-Jean de Latran à Rome, le 20 décembre dernier, ce même Sarkozy, étriqué et vulgaire avait déclaré que "dans la transmission et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur". Aussi, puisque la guerre est ouverte, j'affirme en retour que les petits enfants deviendraient moins facilement de grands cons si on leur évitait d'avaler toutes les conneries que débitent les curés.

Le 27 septembre 1946, un certain Gilles Colin écrivait dans le Monde Libertaire : "Soit dit en passant, les zélateurs de la religion catholique sont bien obligés d'imputer à leur fétiche tout puissant, Jésus-Christ, la conception et la réalisation des sanguinaires mise en scène que sont les guerres mondiales. Obligés de lui reconnaître une intervention personnelle dans les catastrophes ferroviaires et autres fariboles qui ne constituent pour lui que les plus inoffensifs et dilettantiques passe-temps.". Gilles Colin était alors le pseudonyme d'un certain Georges Brassens, lequel écrivit également ces quelques vers :

Le clergé vit au détriment
Du peuple qu'il vole et qu'il gruge
Et que finalement
Il juge.

(Georges Brassens / 1921-1981 / Opinion)

Mais puisque je donne dans la citation, je vous livre également celle-ci qui me plait beaucoup :

"On sent, je crois, qu'avoir de la religion, pour un enfant, et même pour un homme, c'est suivre celle où il est né. Quelquefois on en ôte ; rarement on y ajoute ; la foi dogmatique est un fruit de l'éducation. Outre ce principe commun qui m'attachait au culte de mes pères, j'avais l'aversion particulière à notre ville pour le catholicisme, qu'on nous donnait pour une affreuse idolâtrie, et dont on nous peignait le clergé sous les plus noires couleurs. Ce sentiment allait si loin chez moi, qu'au commencement je n'entrevoyais jamais le dedans d'une église, je ne rencontrais jamais un prêtre en surplis, je n'entendais jamais la sonnette d'une procession sans un frémissement de terreur et d'effroi, qui me quitta bientôt dans les villes, mais qui souvent m'a repris dans les paroisses de campagne, plus semblables à celles où je l'avais d'abord éprouvé. Il est vrai que cette impression était singulièrement contrastée par le souvenir des caresses que les curés des environs de Genève font volontiers aux enfants de la ville."
(Jean-Jacques Rousseau / 1712-1778 / Les confessions / posthume, 1782)

Mais surtout, pour en revenir à notre petit président qui vomit du Guaino comme un enfant fait sa gastro, parlant d'un "monde sans Dieu, que le nazisme et le communisme ont cherché à bâtir", il semble important de rappeler le rôle plus que trouble et souvent actif qu'ont joué les églises catholiques d'Europe en général, et le Vatican en particulier, aux côtés des nazis allemands, comme d'ailleurs des facistes italiens ou espagnols.

Rappelons par exemple que le pape Pie XII n’a, durant la Seconde Guerre mondiale, jamais condamné la persécution des juifs par les nazis. Et évoquons qu'il n'y a pas si longtemps le directeur israélien du centre Wiesenthal de recherches sur le nazisme a été contraint d'exprimer son regret que le Vatican ne reconnaisse pas que "l'antisémitisme chrétien a conduit à la Shoah". C'était après que dans un texte intitulé "Souvenons-nous : une réflexion sur la Shoah", publié le 18 mars 1998, le Vatican a cherché à nier un lien de cause à effet entre l'antijudaïsme historique des chrétiens et l'antisémitisme des nazis, le Vatican se contentant seulement de déplorer que des chrétiens n'aient pas apporté, à ceux qu'on persécutait, toute l'aide qu'on était en droit d'attendre d'eux, exprimant néanmoins ses "regrets" pour "la méfiance et l'hostilité" dont les juifs ont été victimes de la part des chrétiens et demande pardon "pour les fautes" de ses croyants. C'est dire si le Vatican lui-même va moins loin dans le révisionnisme historique que Nicolas Sarkozy.

Ainsi donc l'Europe aurait des racines chrétiennes, mais pas nos deux guerres mondiales et pas non plus la Shoah. Je crois qu'on voit en cet homme à la pensée étriquée l'exemple même des ravages de la catéchèse sur les enfants de France. Il devient urgent de les en préserver, de les libérer du catéchisme qui les pervertit, urgent qu'à la mission évangélique du christianisme s'oppose la volonté libératrice de la laïcité.

Mais terminons par Voltaire qui écrivit : "La religion existe depuis que le premier hypocrite a rencontré le premier imbécile !"



Du mensonge christique et de la tragique illusion de Dieu



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Le Pélican : Strindberg / Gian Manuel Rau



Le pélican était un vampire

Homme sans but - Arne Lygre - Bulle OgierLe pélican, paraît-il, à la capacité de nourrir ses petits avec son propre sang, au dépens de sa propre vie. C'est ce que prétend la mère, tandis qu'elle affame ses enfants et les contraints à vivre dans le froid d'une maison qu'elle s'évertue à ne pas chauffer.

Une mère cynique et brutale qui semble incapable d'amour, deux enfants qu'elle a élevés dans le mensonge, une famille qui se déchire froidement, presque méthodiquement, incapables qu'ils sont de s'éloigner les uns des autres, le fils et la fille proprement vampirisés par leur mère... On sait que l'univers de Strindberg est noir. Gian Manuel Rau, jeune metteur en scène suisse, ne tente rien ici qui puisse apporter un peu de lumière ou de légèreté.

C'est donc dans un décor triste à mourir, l'intérieur pauvre et sans charme d'un petit appartement, et sous une lumière blanche et crue, que les protagonistes de ce drame familial se crachent mutuellement leur ressentiment et leur haine à la figure, et vomissent leur désespoir. Les comédiens n'ont pas la partie facile tant il leur est demandé de peindre noir sur noir, de dire tout dans un détachement cruel, presque insensible à ce qui arrive. Ils s'en sortent mieux que bien : ils sont bons, très bons, et c'est fascinés, pétrifiés, qu'on les suit dans une lente et glaçante descente aux enfers.

Mention spéciale, en outre, à Dominique Reymond qui tient le rôle de cette mère parfaitement indigne et sans pudeur, capable d'alterner tous les registres, de la séduction toute en minauderie au mépris le plus hideux, de la froideur calculatrice à l'obsession maladive, de la soumission à la manipulation, au gré de ses mensonges et de son égoïsme. Voilà qui place la cerise sur le tout et produit au final du théâtre dont on a envie de redemander.


"Le Pélican" : Strindberg / Gian Manuel Rau





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L'Ecole des femmes : Molière / Jean-Pierre Vincent



Le petit chat est mort

L'Ecole des femmes - Molière - Jean-Pierre Vincent - Daniel AuteuilArnolphe n'a d'autre crainte pour lui que de connaître, après tant d'autres maris dont il lui a plu de railler les cornes, le déshonneur d'être cocu. Aussi a-t-il pris soin, avant de prendre femme, de façonner pour son usage "la femme idéale" : il l'a choisie petite fille et, la tenant cloîtrée, a veillé à ce qu'elle demeure innocente, c'est-à-dire sotte. En dépit de ces efforts, il découvre alors que l'innocence a des sincérités tout aussi menaçantes pour le front d'un mari que la ruse qu'il appréhende tant de l'esprit par trop dotée d'une femme avertie des choses de la vie.

Cette comédie en alexandrins est, par la langue notamment, une des plus belles réussites de Molière. Jean-Pierre Vincent s'y révèle une fois encore un formidable directeur d'acteurs, aidé en cela par la qualité de ceux-ci. On chante partout le talent de Daniel Auteuil, et on a en cela raison : il excelle à en faire trop et nous régale d'un bout à l'autre d'une pièce où il ne quitte pas la scène. Mais on en oublie de souligner la performance de Lyn Thibault qui campe à la perfection l'ingenuité d'Agnès - ingénue sans doute, mais au demeurant pas si sotte. La comédienne est pour beaucoup dans la réussite de cette mise en scène d'une pièce dont l'objet est avant tout le rire. Et on y rit en effet beaucoup - même si à mon goût, Stéphane Varupenne campe là un Horace un peu en-dessous.

Si vous le pouvez, il faut aller absolument à l'Odeon voir cette pièce - avant le 29 mars -, ne serait-ce que pour voir et entendre Lyn Thibault jouer avec brio la tant savoureuse scène du "petit chat est mort", devant un Daniel Auteuil qui n'en finit pas de tomber magistralement des nues. Sublimement drôle !

Ha ! Molière...


"L'Ecole des femmes" : Molière / Jean-Pierre Vincent



Mais je ne résiste pas à reproduire ici un... non, deux extraits de cette fameuse scène à l'entrée de laquelle Agnès annonce que "le petit chat est mort" en réponse à Arnolphe qui lui demande les nouvelles de la maison, l'ingénue laissant entendre par là qu'il ne s'est en réalité pas passé grand chose durant l'absence de son maître et futur époux qui craint déjà pour ses cornes - pas grand chose, si ce n'est :

Arnolphe
Qu'avez−vous fait encor ces neuf ou dix jours−ci ?

Agnès
Six chemises, je pense, et six coiffes aussi.

Arnolphe, ayant un peu rêvé.
Le monde, chère Agnès, est une étrange chose.
Voyez la médisance, et comme chacun cause :
Quelques voisins m'ont dit qu'un jeune homme inconnu
Etoit en mon absence à la maison venu,
Que vous aviez souffert sa vue et ses harangues ;
Mais je n'ai point pris foi sur ces méchantes langues,
Et j'ai voulu gager que c'étoit faussement...

Agnès
Mon Dieu, ne gagez pas : vous perdriez vraiment.

Arnolphe
Quoi ? c'est la vérité qu'un homme... ?

Agnès
Chose sûre.
Il n'a presque bougé de chez nous, je vous jure.

Arnolphe, à part.
Cet aveu qu'elle fait avec sincérité.
Me marque pour le moins son ingénuité.
Mais il me semble, Agnès, si ma mémoire est bonne,
Que j'avois défendu que vous vissiez personne.

Agnès
Oui ; mais quand je l'ai vu, vous ignorez pourquoi ;
Et vous en auriez fait, sans doute, autant que moi.

Arnolphe
Peut−être. Mais enfin contez−moi cette histoire.

Agnès
Elle est fort étonnante, et difficile à croire.
J'étois sur le balcon à travailler au frais,
Lorsque je vis passer sous les arbres d'auprès
Un jeune homme bien fait, qui rencontrant ma vue,
D'une humble révérence aussitôt me salue :
Moi pour ne point manquer à la civilité,
Je fis la révérence aussi de mon côté.
Soudain il me refait une autre révérence :
Moi, j'en refais de même une autre en diligence ;
Et lui d'une troisième aussitôt repartant,
D'une troisième aussi j'y repars à l'instant.
Il passe, vient, repasse, et toujours de plus belle
Me fait à chaque fois révérence nouvelle ;
Et moi, qui tous ces tours fixement regardois,
Nouvelle révérence aussi je lui rendois :
Tant que, si sur ce point la nuit ne fût venue,
Toujours comme cela je me serois tenue,
Ne voulant point céder, et recevoir l'ennui
Qu'il me pût estimer moins civile que lui.


Et puis, plus loin :


Arnolphe, bas.
Tout cela n'est parti que d'une âme innocente ;
Et j'en dois accuser mon absence imprudente,
Qui sans guide a laissé cette bonté de moeurs
Exposée aux aguets des rusés séducteurs.
Je crains que le pendard, dans ses voeux téméraires,
Un peu plus fort que jeu n'ait poussé les affaires.

Agnès
Qu'avez−vous ? Vous grondez, ce me semble, un petit ?
Est−ce que c'est mal fait ce que je vous ai dit ?

Arnolphe
Non. Mais de cette vue apprenez−moi les suites,
Et comme le jeune homme a passé ses visites.

Agnès
Hélas ! si vous saviez comme il étoit ravi,
Comme il perdit son mal sitôt que je le vi,
Le présent qu'il m'a fait d'une belle cassette,
Et l'argent qu'en ont eu notre Alain et Georgette,
Vous l'aimeriez sans doute et diriez comme nous...

Arnolphe
Oui. Mais que faisoit−il étant seul avec vous ?

Agnès
Il juroit qu'il m'aimoit d'une amour sans seconde,
Et me disoit des mots les plus gentils du monde,
Des choses que jamais rien ne peut égaler,
Et dont, toutes les fois que je l'entends parler,
La douceur me chatouille et là dedans remue
Certain je ne sais quoi dont je suis toute émue.

Arnolphe, à part.
O fâcheux examen d'un mystère fatal,
Où l'examinateur souffre seul tout le mal !

(A Agnès.)
Outre tous ces discours, toutes ces gentillesses.
Ne vous faisoit−il point aussi quelques caresses ?

Agnès
Oh tant ! Il me prenoit et les mains et les bras,
Et de me les baiser il n'étoit jamais las.

Arnolphe
Ne vous a−t−il point pris, Agnès, quelque autre chose ?
(La voyant interdite.)
Ouf !

Agnès
Hé ! il m'a...

Arnolphe
Quoi ?

Agnès
Pris...

Arnolphe
Euh !

Agnès
Le...

Arnolphe
Plaît−il ?

Agnès
Je n'ose,
Et vous vous fâcherez peut−être contre moi.

Arnolphe
Non.

Agnès
Si fait.

Arnolphe
Mon Dieu, non !

Agnès
Jurez donc votre foi.

Arnolphe
Ma foi, soit.

Agnès
Il m'a pris... Vous serez en colère.

Arnolphe
Non.

Agnès
Si.

Arnolphe
Non, non, non, non. Diantre, que de mystère !
Qu'est−ce qu'il vous a pris ?

Agnès
Il...

Arnolphe, à part.
Je souffre en damné.

Agnès
Il m'a pris le ruban que vous m'aviez donné.
A vous dire le vrai, je n'ai pu m'en défendre.

Arnolphe, reprenant haleine.
Passe pour le ruban. Mais je voulois apprendre
S'il ne vous a rien fait que vous baiser les bras.

Agnès
Comment ? est−ce qu'on fait d'autres choses ?

...

L'Ecole des femmes, Acte II, scène V, extraits.



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George W Bush, l'artiste et quelques trouducs



Le portrait de Bush, par Jonathan Yeo

Le portrait de Bush, par Jonathan Yeo

Attention, ceci est une oeuvre d'art ! Cette représentation du président des Etats-Unis est l'œuvre de Jonathan Yeo, un peintre anglais généralement porté sur l'establishment et reconnu pour ses portraits de magnats des médias comme Rupert Murdoch, d'hommes politiques comme Tony Blair ou d'acteurs comme Dennis Hopper.

Recruté par la Bibliothèque Bush pour réaliser le portrait du président des Etats-Unis, l'oeuvre produite, et réalisée à partir de collages, a finalement été refusée par son commanditaire, l'entourage de l'actuel occupant de la Maison Blanche s'étant offusqué des matériaux utilisés.

Quelque chose vous a échappé ? C'est que vous ne vous êtes pas plongés dans le détail du travail de l'artiste.

Le portrait de Bush, par Jonathan Yeo

C'est en effet sur fond de scrotums et à grand renfort d'appareils génitaux et autres sphinctersque Jonathan Yeo dresse un portrait pour le moins éloquent de George W. Ainsi, l'oreille droite du président : en guise de pavillon, une érectionambitieuse, amoureusement tenue en bouche par une dame un peu tropmaquillée. Quant au teint de Bush, frais comme celui d'une jouvencelle,il est constitué d'une pléiade d'anus en tous genres. Et l'ensemble du portrait est à l'avenant.

Allez, trois agrandissements pour les fines Bush :



1- la bouche

Le portrait de Bush, par Jonathan Yeo - agrandissement bouche



2- l'oeil

Le portrait de Bush, par Jonathan Yeo - agrandissement oeil



3- l'oreille

Le portrait de Bush, par Jonathan Yeo - agrandissement oreille



De quoi donner peut-être des idées de ce côté-ci de l'Atlantique, puisqu'en terme de trouducs nous n'avons désormais plus rien à envier à nos amis américains.


George W Bush, l'artiste et quelques trouducs





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Antoine Bibi et Casimir



La première série humoristique sur internet





Antoine, Bibi et Casimir est une série moderne, drôle, actuelle qui raconte, sur le ton de l'humour, les aventures sentimentales et sexuelles de trois amis co-locataires, célibataires, leur recherche de l'amour avec un grand A.

Toutes les situations sont traitées de façon comique avec une succession de gags, pour que le rire soit toujours au rendez-vous.

En 2008, un célibataire qui recherche l'amour peut rencontrer le sexe et celui qui recherche le sexe peut rencontrer l'amour. Cela donne lieu à des situations psychologiques cocasses et délirantes.

Nos trois célibataires se débattent de manière comique dans leurs histoires amoureuses et sexuelles. Chacun pourra se reconnaître dans cette quête du bonheur et de l'amour, dans cette recherche de l'idéal, tellement contrariée par la réalité que ça en devient drôle.

Rendez-vous ici pour voir le premier épisode et les suivants, très bientôt.


Antoine Bibi et Casimir





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Cortex Academy



Voyage au coeur du cerveau d'un homme


Que se passe-t-il dans le cerveau d'un homme lorsque sa femme lui annonce qu'elle le trompe ?





Cortex Academy, petit film d'animation réalisé par Frédéric Mayer et Cédric Jeanne, sur l'oeuvre originale "L'émotivité et la raison" de François Pérusse, a remporté plusieurs prix dont le prestigieux IMAGINA 2004 à Monaco et fut présenté au célèbre SIGRAPH à Los Angeles.


Cortex Academy





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