Carla Bruni chante Brassens
Et quand je pense à Nicolas...
... parce que la bandaison de papa, ça ne se commande pas.
Bientôt, Noël...
Oldelaf & Monsieur D
La chanson s'appelle Père Noël, et
le refrain fait :
Père Noël t'es le seul ami des enfants
Qu'ait toujours au moins 3 grammes dans le sang
Père Noël tu reviens pour tous les marmots
Même si t'es vraiment pas un cadeau
Alors, moi, j'adore !
Surtout quand la video est tirée du même tonneau...
Oldelaf
& Monsieur D - le site officiel
Oldelaf &
Monsieur D - sur MySpace
Oldelaf &
Monsieur D - sur Wikipedia
Mais, pour ne pas en rester là, il y a aussi celle-ci que j'aime beaucoup - elle s'appelle Nathalie (mon amour des JMJ) :
Journée mondiale de lutte contre le SIDA
Un mort toutes les dix secondes
Spot Sidaction 2007 pour la Journée mondiale de lutte contre le SIDA.
A quoi ça sert l'amour ?
...
Tout ce qui maintenant
Te semble déchirant,
Demain, sera pour toi
Un souvenir de joie !
paroles et musiques : Michel Emer - 1962
duo : Edith Piaf et Théo Sarapo
Naturally7 - In the Air Tonight
Tout ce qui manque à Velib'
Je suis parisien et depuis six mois, je ne me déplace plus qu'en Velib'. Au point que j'en étais presque à oublier que le métro possède également bien des charmes. La ville réserve, y compris dans son quotidien le plus prosaïque, de ces moments de grâce qui vous font un instant oublier les cons qui vous collent aux basques, comme autant de vieux chewing-gum aigres, au long de cette chienne de vie.
Quand la musique rassemble...
Merci à eux, les Naturally7...
Naturally7 - In the Air Tonight
Homme sans but : Arne Lygre / Claude Régy
Spectateur sans théâtre
Il n'y
a pas de réalité et l'on est seul. L'on vit et l'on meurt seul.
C'est peut-être ainsi qu'on pourrait résumer Homme sans
but. La seule richesse tangible de Peter est monétaire. Comme
chacun de nous, c'est un bâtisseur. Il décide de bâtir une ville,
sa ville et dont les habitants seront ses voisins, son entourage,
les compagnons d'une vie et qui l'aideront à mourir, c'est-à-dire à
ne pas mourir seul. Frère n'est pas son frère. Femme n'est pas sa
femme, ni même son ex-femme. Ils sont ses salariés, payés pour
endosser les rôle du frère et de l'ex-femme dans le théâtre du
monde où se joue sa vie. Tout est mercantile et les relations
humaines ne sont que faux-semblants.
Cette pièce valait sans doute mieux que ce que Claude Régy a décidé de nous présenter et qui donne à penser qu'elle serait en lice au concours de la pièce la plus ennuyeuse du monde. Ou comment à force de vouloir une mise en scène dépouillée, il ne reste rien... sinon l'ennui. Imaginez : pas de décor, sinon un plateau immense et nu ; pas de mise en scène, outre des comédiens immobiles, contraints de déjouer et de dire leur texte dans une absence abyssale d'émotion et avec une lenteur difficilement supportable ; et finalement, pas de théâtre.
On aurait pu éventuellement louer la performance des comédiens, si celle-ci n'était en réalité surclassée par celle de spectateurs pétrifiés par l'ennui et stupéfiés d'avoir osé supporter jusqu'au bout cent cinquante interminables minutes de non-spectacle - mention spéciale étant attribuée à ceux qui, en nombre non négligeable, ont cependant abrégé leur calvaire et quitté la salle. A la fin, il en restait quelques-uns, hagards, soulagés, et en définitive assez peu gênés par l'inévitable torpeur qui accueille le salut des comédiens : applaudissement éparses et à peine polis, pas de rappel, pas même suffisamment d'énergie pour siffler ou huer un metteur en scène dont l'absence aux côtés de ses comédiens pour partager ce difficile moment de solitude est en réalité tout à fait cohérente...
C'est aux ateliers Berthier-Odéon, c'est avec Bulle Ogier et, inutile de faire des ronds de jambes, c'est une sombre daube.
"Homme sans but" : Arne Lygre / Claude Régy
Tonton, le retour 2
Le "Teasing" des forces de l'Esprit
Souvenez-vous,
c'était lors de la campagne électorale des dernières
présidentielles, une voix d'outre-tombe s'était faite entendre. Le
10 mars 2007, elle s'exprimait pour la première fois et disait ceci
:
J'avais dit en son temps que je croyais aux forces de l'esprit
et que je ne vous quitterai pas. Il est temps d'honorer ce
rendez-vous.
[...]
D'ici, je le répète, je vois tout, j'entends tout, je lis tout;
bref, je sais tout. Les mauvaises langues (de droite, mais aussi
hélas, de gauche...) qui me liront dans les semaines qui viennent
diront sans doute que pour une fois, je n'ai pas besoin des écoutes
de mon fidèle Prouteau pour y parvenir. Qu'elles se méfient. Je
vais tout dire, tout écrire, y compris sur elles...
Le blog de François Mitterrand venait de s'ouvrir : François-Mitterrand-2007, avec en exergue cette phrase prononcée par feu le président, lors de ses derniers voeux aux français : Je crois aux forces de l'esprit, je ne vous quitte pas...
Cela avait fait quelque bruit sur la toile, avait dans une certaine mesure bousculé le petit train-train médiatico-politique de la campagne électorale. Le blog avait très rapidement obtenu un réel succès d'audience. Le président postait chaque jour un nouveau billet et on débattait longuement de l'actualité politique au fil des commentaires. Cela en avait ravi certains, nombreux, et exaspéré beaucoup d'autres. Et puis, l'on s'était finalement souvenu qu'on ne croyait pas aux forces de l'esprit, que quelqu'un devait tenir la plume. Une chasse à l'auteur apocryphe s'était engagé. D'une telle ampleur que, finalement, sous la pression et cédant à l'hystérie, le blog se referme sur ces mots : Je vous le répète encore une fois, en guise de conclusion : Etre en accord avec soi-même, je ne connais pas de meilleur bulletin de santé. Je crois aux forces de l’esprit, je ne vous quitterai pas.. On était le 10 juin 2007, dimanche de premier tour des législatives.
Le silence s'était fait. On avait presque oublié. Pourtant, le 13 septembre 2007, on entendait ceci : " Et si, plus que jamais, il était temps de croire aux forces de l'esprit.... Etait-ce un ultime soupir, le dernier hoquet d'un esprit en décomposition ? Ou l'annonce d'un retour prochain, l'évocation d'un désir qu'on voudrait mutuel ? La réponse tombe ce jour où, sous le titre, Revenir..., on peut lire : Je sens qu'un nouvel esprit m'habite et je m'interroge. Puis-je vraiment laisser les choses en l'état, voyant ce que je vois, entendant ce que j'entends? Les forces de l'Esprit m'ont fait un bien beau cadeau encore. Dois-je en user?
Ouais, si ça c'est pas du "teasing" ! ...
Mais arrêtons-nous un instant et consultons Wikipedia :
Teasing est un mot anglais signifiant « taquinerie » mais il est plus correct de le traduire par « aguicher » pour sa connotation d'excitation (provoquer la curiosité, on le retrouve dans le mot strip-tease).
Le mot désigne une technique de vente attirant le spectateur par un message publicitaire en plusieurs étapes. Dans la première étape, un message court et accrocheur interpelle et invite à voir la suite. La deuxième étape apporte une réponse et incite à la consommation.
Le 'teasing' est arrivé en France en 1981 avec une triple publicité (affichage) pour l'afficheur Avenir, mise en scène par l'agence CLM/BBDO.
Sur une plage bleu azur...
1. Une jeune femme en bikini, mains sur les hanches, dit: «
[Demain], j'enlève le haut » ;
2. quelques jours plus tard, seins nus, elle dit: « [Demain],
j'enlève le bas » ;
3. quelques jours plus tard, nue mais montrée de dos, elle dit: «
Avenir, l'afficheur qui tient ses promesses ».
Le 'teasing' a été utilisé en politique en France, avec la double publicité visuelle de Jacques Chirac de 1986: "Vivement demain..." suivie de "...avec le RPR".
Allez, Tonton, point de chichi [sic], reviens... et dis-nous donc quel est ce "bien beau cadeau" que t'ont fait les forces de l'esprit.
France / Nouvelle-Zélande (Quart de Finale de la Coupe du Monde de Rugby 2007)
Haka All Black et Moquet "Fleur Bleue"
Le Haka des All Black prendra-t-il le dessus sur la lettre de Guy Moquet des "Tout Bleu" ?
La réponse en images :
No Comment...
N'oubliez pas d'aller voter pour cette
video sur YouTube.
Et pour une intégration de la video sur votre blog, copiez/collez
le code suivant :
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France / Nouvelle-Zélande (Quart de Finale de la Coupe du Monde de Rugby 2007)
Tori Amos
Me and a Gun
D'abord cette chanson qui est long et terrible frisson. Ne rien dire. Simplement la recueillir au creux saignant du coeur...
Me and a gun
And a man
On my back
But I haven't seen Barbados
So I must get out of this
Caught a Lite Sneeze
Ensuite, ce moment que j'aime particulièrement. Parce que c'est elle que j'aime, sa façon d'être son piano, de prendre vie à son contact...
L'Ile aux Fleurs, court métrage de Jorge Furtado (Brésil, 1989)
Les tomates, les porcs et les êtres humains
En bientôt vingt ans, les douze minutes de L’Île aux Fleurs, dévastateur court métrage avant-gardiste de Jorge Furtado, n’ont pas pris une ride. Tous ceux qui l’ont vu le savent : en dévoiler les rouages serait le trahir et mettre à mal l’effet de surprise qui régit le film. Et puis, comment résumer ces douze minutes ?
Douze minutes, donc. Douze minutes d’une formidable évidence. Douze minutes qui suffisent pour mettre en branle les rouages indéfectibles du commerce mondial. Douze minutes d'images agrémentées de commentaires d'un humour implacable. Jusqu'à la fin où tout le monde arrête de rire....
Pour une analyse documentée du court-métrage, je vous invite à lire sur Film de Culte.
Je vous invite également à vous rendre sur le blog de DCD qui a laissé un gentil message sur mon livre d'or et chez qui j'ai découvert cet incontournable court-métrage - lequel m'avait pourtant jusqu'ici soigneusement contourné.
"L'Ile aux Fleurs", court métrage de Jorge Furtado (Brésil, 1989)
Coup au coeur
Mon ami Rimbus me l'a présentée et depuis, à mon tour, j'ai craqué pour elle. Joss Stone chante Son Of A Preacher Man et la planète se réchauffe. Moi, j'en suis fondu.
Kafka sur le rivage, de Haruki Murakami
Kafka sur le rivage : un très grand roman
Kafka
Tamura a quinze ans quand il quitte le domicile paternel. Il en
avait quatre lorsque sa mère en avait fait autant, l'abandonnant à
son père. Il fugue et entreprend un parcours initiatique au terme
duquel il lui aura fallu comme de bien entendu tuer son père et
coucher avec sa mère pour devenir. "La vie est une métaphore", ce
qui ne rend pas pour autant les choses simples.
Nakata est un vieil homme pas très intelligent et incapable d'abstraction. Mais il sait converser avec les chats et faire pleuvoir des poissons. Fort de son esprit simple, ignorant les causes et les conséquences, il fait ce qui doit être fait. Par delà le bien et le mal, instrument innocent du destin, il permet à la métaphore de s'accomplir.
Kafka sur le rivage est un roman d'une richesse poétique époustouflante. Il vous emporte et vous change, comme tout ce qui est beau. J'ai toujours pensé que l'humour était indispensable à l'art, ce livre en est la confirmation. Haruki Murakami est incontestablement un des très grands auteurs du moment. Il nous offre là un très grand roman.
Kafka sur le rivage de Haruki Murakami, aux éditions Belfond
"Kafka sur le rivage", de Haruki Murakami
Manif de droite : 12 juin
12 juin - APPEL A MOBILISATION
Une manif de droite pour fustiger mai 68
Le 12 Juin
aura lieu un grand, beau et joyeux défilé.
Il aura lieu dans le quartier Latin très probablement (nous organisons actuellement le parcours avec la Police), à partir de 17h.
Le But est de Fustiger Mai 68, notamment les "acquis" culturels.
Nous nous devons de nous surprendre les uns les autres en rivalisant de créativité pour en faire un moment de fête subversive. Comme jadis certaines troupes de Gauche ont su le faire.
Tout doit être mis en oeuvre pour juguler esthétique, fête et subversion.
J'entends qu'un concours de sosies de Mireille Mathieu est en train de se mettre en place...
J'entends que des chorales repettent à tue tête.
C'est cette France là que nous Souhaitons et que nous Chérissons
Vive la France
JFR (Jeune France de Rue)
ump : En cas de contestation par des forces hostiles nous devrons compter sur notre meilleure arme... La lâcheté.
Avant de se rendre à cette manifestation, il est important de prendre connaissance du Communiqué de Jeune France de Rue : Manifestons mais pas n'importe comment !
Rue89
Manif de droite
Hommage à Missak Manouchian
Le Petit Père des People s'est approprié Blum et Jaurès, et maintenant Guy Môquet, entre autres figures historiques "socialo-communistes", ainsi qu'il aime le dire en d'autres circonstances...
Leon Blum. Jean Jaurès. Guy Môquet... Ces hommes, grands devant l'Histoire, et qui n'appartiennent à personne sinon à eux-même et à notre Histoire. Ces hommes qui sont nos références communes et que la France aura toujours raison d'honorer, pourvu qu'il ne s'agisse pas de les récupérer, d'instrumentaliser la mémoire collective à des fins partisanes, ce qui serait les salir et donc nous salir tous, nous tous qui nous souvenons avec une émotion sincère.
Ça fait longtemps, pour ma part, que les figures de Blum et de Jaurès, de Guy Môquet et de Missak Manouchian font partie de mes références personnelles, longtemps que j'ai lu et que je me rappelle la lettre de Guy Môquet, et l'émotion qu'elle procure de par sa candeur héroïque - comme je sais également, et m'en souviens (oui, par devoir de mémoire), qu'il a été fusillé, assassiné par d'autres français et qui ne l'étaient ni plus ni moins que lui, qui l'étaient autrement et qui le choisirent lui et ses camarades parce que communistes et donc moins "bons français" à leurs yeux. Comme je sais également que dans la ville de Neuilly dont Nicolas Sarkozy a été maire pendant plus de vingt ans, il n'existe ni rue Leon Blum ni rue Jean Jaurès, pas plus qu'il n'existe une place Guy Môquet.
Alors, avant qu'il ne s'empare de cela aussi, lui qui ose tout - mais peut-être ceux-là sont-ils moins honorables parce qu'à prononcer [leurs] noms sont difficiles... - j'ai envie aujourd'hui d'évoquer Missak Manouchian et ses vingt-deux compagnons du groupe Manouchian, vingt et trois étrangers et nos frères pourtant, vingt et trois qui [crièrent] la France en s’abattant. L'envie de donner à lire ici la dernière lettre de Missak Manouchian, écrite à sa femme quelques heures avant de mourir, fusillé au Mont-Valérien, le 19 février 1944 :
Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,
Dans
quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être
fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m’arrive comme un
accident dans ma vie, je n’y crois pas mais pourtant je sais
que je ne te verrai plus jamais.
Que puis-je t’écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.
Je m’étais engagé dans l’Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu’il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous... J’ai un regret profond de ne t’avoir pas rendue heureuse, j’aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d’avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu’un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sœur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l’armée française de la libération.
Avec l’aide des amis qui voudront bien m’honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d’être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l’heure avec le courage et la sérénité d’un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n’ai fait de mal à personne et si je l’ai fait, je l’ai fait sans haine. Aujourd’hui, il y a du soleil. C’est en regardant le soleil et la belle nature que j’ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t’embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari.
Manouchian Michel.
P.S. J’ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M. M.
Et comment alors ne pas relire le poème magnifique qu'écrira quelques années plus tard Louis Aragon, hommage rendu aux 23 résistants du groupe Manouchian en 1955, Strophes pour se souvenir et mises en musique par Lèo Ferré en 1959, sous le titre L'Affiche rouge :
Strophes pour se souvenir / L’Affiche Rouge
Vous n’avez réclamé ni gloire ni les
larmes
Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos
villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir Français de
préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du
givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit
calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les
roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d’hiver éclaire la
colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils
fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant
Louis Aragon.
Chanson interprétée par Léo Ferré.

Le Retour au Désert : Bernard-Marie Koltès / Muriel Mayette
C'est
l'histoire d'une soeur et d'un frère, Mathilde et Adrien, qui se
chamaillent comme deux jeunes chiots, qui trop préoccupés par leurs
chamailleries en oublient le reste du monde. Il s'aiment, s'en
veulent de s'aimer, ne se l'avoueront surtout pas et se rendent la
vie insupportable, à eux ainsi qu'à tous les habitants de la
maison. Mais pour eux deux, la vie serait plus insuportable encore
s'il s'agissait de vivre l'un sans l'autre. Qu'importe alors de
savoir ce qui est arrivé jadis à Marie, première épouse d'Adrien et
meilleure amie de Mathilde, morte mysthérieusement. Qu'importe que
Mathieu, le fils d'Adrien, cherche désespérément à s'émanciper.
Qu'importe ce que fait Fatima, la fille de Mathilde, chaque nuit
dans le jardin. Qu'importe Edouard, son fils, ou Marthe, la
deuxième femme d'Adrien, ou Madame Queuleu et Aziz, les domestiques
de la maison. Et qu'importe le qu'en dira-ton dans cette petite
ville de province. Qu'importe même la guerre en Algérie...
C'est une comédie qui sans cesse hésite entre le grinçant et le burlesque. Et la mise en scène hésite également. Et le spectateur hésite à son tour, entre plaisir et ennui, entre rire et désintérêt. Il y a les comédiens, excellents, qui parviennent à donner au texte toute sa puissance. Il y a un décor de carton-pâte aussi imposant que laid. Il y a des instants de fulgurance théâtrale et des effets de mise en scène insignifiants, voire tout à fait timorés. Au final, on ressort avec le sentiment que la Comédie Française aura voulu s'encanailler tout en restant sur son quant-à-soi bourgeois, ne sachant jamais jusqu'où ne pas aller trop loin.
On ne passe pas une mauvaise soirée. On aura simplement du mal à s'en souvenir le lendemain.
"Le Retour au Désert" : Bernard-Marie Koltès / Muriel Mayette
Cymbeline : Shakespeare / Declan Donnelan
Voilà
une comédie de Shakespeare bien peu connue en France, et c'est en
soi un plaisir que de découvrir cette pièce. Lorsqu'en sus c'est
l'excellent Declan Donnelan qui se charge de la mettre en scène et
d'en confier la représentation à une troupe de comédiens anglais
tous sublimes, il y a de fortes chances que le plaisir devienne
bonheur.
Cymbeline est roi de Bretagne. D'un premier mariage, il a une fille nommée Imogène qu'il souhaite marier à Cloten, le fils de sa seconde épouse. Mais Imogène aime et épouse en secret Posthumus, un roturier qui n'aura pas l'heur de plaire au roi ni à son épouse. Posthumus est banni et la fidélité des amants est mise à l'épreuve de leur séparation : suspicions, intrigues, complots et trahisons seront au menu... jusqu'à cet incroyable final dont Shakespeare à le secret où les fils se dénoueront, invitant chacun à pardonner à sa chacune.
Ce n'est pas précisément la meilleure pièce de Shakespeare, ni même sa meilleure comédie. Assez loin de là en vérité. Mais la maîtrise de Donnelan - une mise en scène tendue et inventive, limpide et dynamique, parfois délirante - combinée à la virtuosité des comédiens - qui exercent en toute liberté leur art sur un vaste plateau dépourvu de décor - font que la magie shakespearienne parvient encore à opérer, à nous placer sous son charme et à nous ravir.
Parmi les comédiens, tous excellents répétons-le, il est incontournable de mentionner tout particulièrement la magistrale prestation de Tom Hiddleston. Se glissant alternativement dans les habits de Cloten et de Posthumus, les deux soupirants d'Imogène, aussi dissemblables et opposés que les deux faces d'une même pièce de monnaie, l'aisance et la justesse de sa prestation est aussi géniale qu'époustouflante. C'est toujours un bonheur immense de regarder évoluer de tels comédiens.
Aux Théâtre de Gémeaux, à Sceaux, jusqu'au 25 mars, puis en tournée à Bruxelles, La Hate, Milan, Londres, Moscou ou Madrid...
"Cymbeline" : Shakespeare / Declan Donnelan
De plus en plus de lecteurs sur avoodware.com
Des remerciements... et un petit souhait
Pour
Avoodware, l'année commence en trombe : en un peu plus d'un mois,
vous êtes plus de mille à être venus visiter ce site (1148
visiteurs uniques, à l'heure où j'écris ces lignes), plus de 3500
pages ont été vues et, surtout, les textes qui vous sont proposés
sur le site ont été téléchargés 335 fois (ce qui représente plus de
cinq téléchargements par jour - à titre de comparaison, sur la
totalité de l'année 2006 il y eut plutôt cinq téléchargements par
semaine...)
La répartition des téléchargements a l'allure suivante : le roman, Lulli, a été téléchargé 66 fois, la pièce de théâtre, Chouette, la Vie, 42 fois et l'ensemble des récits 227 fois. Votre choix parmi les récits s'est fait de la manière suivante : Faiseuse d'Anges : 48 - Terreur : 43 - La Tentation des Limbes : 40 - Un Temps Suspendu : 36 - Fille du Calvaire : 30 - Camping Sauvage : 30 également. Enfin, pour être tout à fait complet, parmi les trois formats de téléchargement qui vous sont proposés, vous avez préféré 135 fois une lecture à l'écran et 200 fois une lecture papier, réparti par moitié entre le format classique (recto) et le format livret.
Bref, ceci pour dire qu'après une année d'existence, mes espoirs d'une rencontre de mes écrits avec des lecteurs sont comblés, et chaque jour davantage. J'avais à la conception de ce site choisi comme slogan : "Le plaisir d'écrire / Le désir d'être lu". Je dois avouer que n'écrivant qu'assez épisodiquement ces derniers temps, j'ai au moins la satisfaction de pouvoir adosser mon toujours vivace désir d'écrire à un tout nouveau véritable plaisir d'être lu. Je vous remercie également et tout à fait chaleureusement pour cela.
Mais j'ai annoncé un "souhait". Il se trouve qu'au-delà de ce lien qui s'est donc créé entre mes écrits et des lecteurs, j'avais l'espoir qu'un autre puisse se tisser entre vous et moi, et plus généralement entre chacun d'entre vous, au travers de la possibilité offerte sur ce site d'une sorte de "retour d'expérience" des lecteurs. A chaque texte mis en ligne correspond un espace " la critique des lecteurs" où chacun d'entre vous à la possibilité d'aller laisser son commentaire... et que pourtant peu d'entre vous se sont autorisés à alimenter. Ne vous en privez pas, ... ou à défaut : ne m'en privez pas !
Je vous invite, aussi chaleureusement que je vous ai remercié de me lire, à penser à revenir pour exprimer votre sentiment sur ce que vous avez lu, que ce soit pour me complimenter ou m'insulter, que ce soit pour recommander un texte ou au contraire pour le déconseiller. En bref, ne me lâchez pas : lâchez-vous !
Allez, je vous aime quand même...
Pedro et le commandeur : Felix Lope de Vega / Omar Porras
Du grand théâtre, tout simplement
Ce
vent nouveau qui souffle sur la Comédie Française est un vent frais
et vivifiant et qui hume bon un théâtre pur et sincère, et avec
cette entrée au répertoire de Felix Lope de Vega, auteur espagnol
du XVIIème, avec ce Pedro et le commandeur, cela faisait
en effet bien longtemps qu'on ne nous y avait présenté un spectacle
d'une telle qualité.
Il y a donc d'un côté Pedro Ibañez, jeune paysan respecté d'Ocaña et qui a épousé la très belle Casilda, et de l'autre le commandeur Don Fadrique qui tombe amoureux de la jeune paysanne. De là tout se déroule très linéairement et sur un rythme endiablé, l'amour résistant face au pouvoir, la fidélité s'opposant à la jalousie, l'honneur se dressant devant le droit de cuissage. Douze comédiens survoltés, libres derrière leurs masques, jouent avec visiblement beaucoup de volupté au milieu d'un décor de carton-pâte baroque et enchanteur. Omar Porras nous sert là une bouffonnerie merveilleusement rafraîchissante, nous faisant à l'occasion redécouvrir combien sont grands les comédiens du Français, pour peu qu'on leur laisse la part de plaisir. Que du bonheur !
"Pedro et le commandeur" : Felix Lope de Vega / Omar Porras
Hedda Gabler : Ibsen / Ostermeier
Hedda,
bourgeoise et fille de feu le général Gabler, revient de voyage de
noce au cours duquel elle a découvert l'ennui de vivre avec un mari
que l'on aime pas. Aussi ne l'avait-elle en réalité choisi que pour
la part de mondanité que l'épouser était censé lui apporter, tout
laissant à penser qu'un avenir d'éminent professeur était promis à
Jørgen Tesman. Ce premier renoncement, à l'amour, s'avérera alors
devenir renoncement à la vie, de l'ennui de vivre sans amour à
l'ennui de vivre tout court.
Hedda a des rêves de grandeur et de puissance. Egocentrique et amer, elle aspire à contrôler les autres, en faire les jouets de sa frivolité. Son plaisir est de détruire, étouffer chez les autres ce qui est déjà mort en elle. Mais le sol se dérobe sous elle, les autres ne sont pas à la hauteur de ses aspirations et ce mariage bourgeois qu'elle a fait dans lequel peu à peu elle s'enferme, prise au piège comme un insecte dans une toile poussiéreuse. Car Hedda est une tragédienne qu'on aurait enfermée dans la terne comédie d'une existence bourgeoise, sertie par les convenances et où les grands sentiments et les grandes actions ne peuvent s'épanouir. Il lui faudra donc se détruire elle-même pour pouvoir tout de même continuer d'exister un peu, couronnée de pampres.
Hedda Gabler est un des joyaux du théâtre, un chef d'oeuvre qu'il est facile de massacrer. Roman Polanski avec Emmanuelle Seigner, puis dans une moindre mesure Eric Lacascade avec Isabelle Huppert, s'y sont tour à tour cassés les dents de manière magistrale. Mais Thomas Ostermeier, pur produit du théâtre trash allemand, est sans doute à la fois plus subtil et capable de plus d'excès. Et c'est ce qu'il faut, subtilité et excès, pour donner à voir sans la caricaturer la grandeur dérisoire d'Hedda, et cette pulsion morbide qui la possède et la désespère.
Six comédiens précis et juste évoluent dans un décor limpide planté sur un plateau tournant, une large baie vitrée et aux portes coulissantes séparant l'intérieur - cette prison où s'ennuie Hedda - de l'extérieur - où il lui est impossible de s'évader, parce qu'elle n'en a pas la force. Un immense miroir couronne le tout afin que rien de ce qui est à voir ne puisse échapper au regard. On voit tout, comme des dieux omniscients et qui se régalent à observer leurs créatures s'ébattre et se débattre, vivre et puis mourir. Un spectacle de toute beauté.
"Hedda Gabler" : Ibsen / Ostermeier
Orgie, de Pier Paolo Pasolini
Orgie : même pas mal !
Marcel Bozonnet met en scène Orgie de Pier Paolo Pasolini, au Théâtre du Vieux-Colombier.
L'Homme et la Femme forment un couple. Ils s'aiment, ils font l'amour. Leur sexualité repose sur la rencontre de leurs désirs intimes, de leurs fantasmes. Conscients que les mots ne peuvent dire la vie, l'amour ou la passion, ne peuvent dire leur réalité, ce sont leurs corps qui se parlent, la chair qui s'exprime, qui les expriment et les font sortir d'eux-mêmes, libres enfin. Rien donc que de très commun, si n'était que leur rencontre charnelle se situe dans la sphère domination-soumission, la relation sado-masochiste. Mais peut-être pas. Peut-être leur excitation vient-elle surtout de la transgression morale, et leur plaisir du sentiment de liberté qu'elle procure. Car on était alors à la fin des années soixante, en Italie, tout juste une génération après le fascisme, quand bien des carcans moraux avaient à être abattus et étaient en train de l'être, par des gens comme Pasolini, parmi d'autres.
On en est plus là. D'autres carcans ont été érigés sans doute, mais pas les mêmes. Et ce qui fut subversif - et donc socialement utile - ne l'est plus aujourd'hui, n'est plus qu'une vaine provocation dénuée de sens, comme un adolescent qui montrerait son cul sur un plateau de télévision, l'humour en moins. Car il est généralement admis aujourd'hui que la sphère privée de la sexualité appartient aux adultes consentants, où chacun est libre d'y vivre ses fantasmes selon son bon plaisir. Alors on s'ennuie beaucoup au cours des deux parties de la pièce à regarder ce couple prendre finalement peu de plaisir à leurs jeux un peu trop tristes, tant ils y mettent peu d'allant - l'Homme surtout, la Femme semblant en jouir davantage. D'ailleurs elle va jusqu'où l'Homme n'a pas su, ou pu l'emmener : elle meurt et entraîne avec elle, dans la mort, leurs deux petits garçons.
Seul, l'Homme est alors en quête de ce qui ne saurait exister encore, puisqu'un joueur manque au jeu. Et le jeu devient pervers. La Fille entre en scène, prête à se donner à lui, mais sans douleur. Pédophilie et viol, mais ce n'est pas non plus de la subversion, sauf à considérer que ces interdits-là seraient également liés à des codes moraux qu'il serait humainement envisageable de transgresser. La provocation devient alors vulgaire, en plus d'être ennuyeuse. On ne cherche pas le sens, on a compris qu'il n'y en avait pas. On a juste envie de dire à Monsieur Bozonnet qu'il ne suffit pas d'oser beaucoup pour être subversif un peu, et qu'il y a même un certain snobisme à vouloir l'être à la Comédie Française - comme péter dans de la soie...
Je n'oublie pas cependant de préciser que, dans le rôle de la Femme, Cécile Brune est tout à fait remarquable de subtilité.
Mon conseil : si vous n'avez rien d'autre à faire, faites tout de même autre chose.
"Orgie", de Pier Paolo Pasolini






