L'aphorisme de la table à repasser

Devant une table de repassage, l'homme de bonne volonté garde de
bien naturelles limites.
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Source : L'aphorisme de la table à repasser |
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[premier jet] Retour de vacances
Retour de vacances
Lola qui
ne s’endort pas depuis sept cents kilomètres. Lola qui nous
fait partager son impatience depuis six cent quatre-vingts
kilomètres. Quand est-ce qu’on arrive, Papa ? On est
arrivé bientôt, Papa ?... Lola qui a faim ou soif, ou envie de
faire pipi, et qui ne cesse de geindre. Maintenant, elle a mal au
cœur. Je ne la supporte plus.
« Papa, j’ai mal dans le cœur », dit-elle.
Je ne la crois pas. Je n'ai pas envie de la croire. L'expression enfantine qu'elle a employée devrait me faire sourire, mais je ne la supporte plus. Je voudrais juste qu'elle s'endorme. Ou simplement qu'elle se taise. Cela fait deux grosses heures que la nuit a étendu son manteau sur le ruban d'asphalte sombre et que les phares blancs des autres véhicules me brûlent les yeux. Fatigué de tenir le volant, je suis fatigué de tout. Paris n'est plus très loin dont on devine au loin la lueur. Je voudrais y être déjà.
« Lola, tiens-toi un peu tranquille. Tu vomiras quand nous serons à la maison. »
Depuis que nous avons passé le péage, les camions semblent plus nombreux. Cependant la circulation demeure relativement fluide, pour un retour de vacances. Rien à voir en tout cas avec ce que nous avons traversé dans la vallée du Rhône. J'ai maintenant bon espoir de franchir le périphérique dans la demi-heure. Nous serons à la maison avant minuit, je pense.
« Elle est vraiment pâle, tu sais, dit Sylvie. On devrait peut-être s'arrêter. »
Comment ne comprend-elle pas qu'en prenant le parti de sa fille, elle ne parviendra qu'à décupler mon exaspération ? Elle qui depuis que la nuit est tombée se contente de somnoler sur son siège sans plus se donner la peine de me faire la conversation. Ce dont je ne me plains pas d'ailleurs, mais en la circonstance il paraît un peu déplacé qu'elle s'autorise à jouer la maman compréhensive.
« On dirait que tu ne la connais pas. Quand elle est comme ça, elle serait capable de se faire saigner du nez simplement pour avoir raison. Elle a tenu sept cents bornes, elle en supportera bien quelques dizaines de plus. »
Le silence s’installe dans la voiture, lourd de mon ressentiment et du leur. Je déteste avoir le mauvais rôle. J'ai parfaitement conscience d'être injuste, mais je leur en veux à toutes les deux de m'obliger à exhiber ma mauvaise humeur. Je suis épuisé. J’en ai marre d’être cloîtré dans cette voiture, marre de tout. Être enfin arrivé est à cette heure tout ce qui m'importe.
Et il faudra encore sortir les bagages du coffre, les monter jusqu'à l'appartement. Quatre étages, pas d'ascenseur, des valises qui pèsent chacune une tonne. Après tout ça, j'aurais pourtant bien mérité une bonne nuit de sommeil, mais non : demain matin, lever à sept heures trente pour aller travailler plus. J'estime que cette perspective me donne droit à user d'un peu de despotisme.
Je roule excessivement vite. Sylvie est bien inspirée de ne pas m'en faire la remarque. Cela ne ferait qu'empirer la situation. D'ailleurs tout le monde roule trop vite - l'approche de l'écurie sans doute.
Tout ce dont j'ai besoin à présent c'est de silence et qu'on en finisse rapidement.
« Papa ? »
Je commence à penser qu'elle le fait exprès. Je suis excédé :
« Quoi encore ?!
- Je crois que j'ai vomi dans la voiture…
- Putain, c'est pas vrai ! »
Je me retourne. Cette fois, la colère me submerge. J’ouvre la bouche pour hurler sur l'insupportable enfant. Mais c’est le cri de Sylvie qui me parvient, comme s’il sortait de moi alors qu’il s'y engouffre :
« Marc, le camion ! »
J'ai le temps de voir le semi-remorque qui se couche, qui n’en finit pas de se coucher en travers de la route. Il s'étend là devant nous avec une surprenante langueur et glisse et n'en finit pas de glisser. J'enfonce la pédale de frein, je tourne le volant dans un sens et puis dans l'autre. Je sais qu'il est trop tard. Je perçois le long silence atterré qui tournoie dans l'habitacle juste avant que se produise l’impact. Je n'ai pas le temps de pleurer.
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Source : Retour de vacances |
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[Chaîne de Blogs] Page 123, cinquième ligne : Ulysse
Cela fait
plusieurs jours que je vois se former cette chaîne, dont je n'ai
pas réussi à trouver le premier maillon. Elle me plaisait et
j'attendais avec impatience d'être "tagué" (mot barbare). C'est
ce cher Abadinte qui a
bien voulu mettre fin à mon attente angoissée.
Il y a des règles dont la deuxième [sic] est de citer le règlement. Je m'y soumets et ensuite je m'autoriserai à tricher un peu.
Règlement :
- citer la personne qui vous a tagué et mettre un lien vers son blog ;
- indiquer le règlement du jeu ;
- ouvrir un livre que l'on aime à la page 123 ;
- recopier à partir de la cinquième phrase et les cinq phrases suivantes ;
- indiquer le titre du livre, le nom de l'auteur, de l'éditeur, ainsi que l'année d'édition ;
- taguer 4 personnes dont vous souhaitez connaître les lectures et les avertir sur leur blog ;
Ayant respectueusement réalisé les trois premiers points, j'attaque à présent le quatrième qui, semble-t-il, s'est transformé au fil de la chaîne - façon téléphone arabe 2.0 - en un "recopier la cinquième ligne et les cinq lignes suivantes" beaucoup moins attrayant et que je vais donc feindre d'oublier. Je fais d'ailleurs remarqué à mes petits camarades prédécesseurs qu'une ligne (ou phrase) plus les cinq suivantes font en tout six lignes (ou phrases) et pas seulement cinq - ils sont un certain nombre à avoir ainsi compté comme des cancres, ce qui me donne quelques phrases d'avance et autorise la petite tricherie qui suit et que je ne justifie de fait pas davantage.
M. Bloom fut pris soudain d'une grande volubilité en s'adressant à ses compagnons.
- Il en circule une bien bonne en ce moment sur Ruben J. et son fils.
- L'histoire du batelier ? demanda M. Power.
- Oui. N'est-ce pas qu'elle est bien bonne ?
- De quoi s'agit-il ? demanda M. Dedalus. je ne l'ai pas entendue.
- Le fils avait une fille en vue, commença M. Bloom, et son père avait décidé de l'envoyer sur l'île de Man pour leur éviter de faire une bêtise, mais quand ils furent tous deux...
- Hein ? fit M. Dedalus, ce grand dégingandégandin ?
- Oui, dit M. Bloom. Ils se rendaient tous les deux vers le bateau et il essaya de noyer...
- De noyer Barabbas ! s'écria M. Dedalus. J'espère qu'il l'a fait, par le Christ !
M. Power émit un rire interminable sous l'écran de ses mains qui voilaient ses narines.
- Non, dit M. Bloom, le fils en personne...
Martin Cunningham lui coupa abruptement la parole :
- Reuben J. et son fils décanillaient sur le quai en direction du bateau de l'île de Man quand le jeunot s'est soudain échappé, a sauté par-dessus le parapet et s'est retrouvé dans la Liffey.
- Mon Dieu ! s'exclama M. Dedalus alarmé. Est-il mort ?
- Mort ! s'écria Martin Cunningham. Que non ! Un batelier a pris une gaffe, il l'a pêché par le fond de culottes et il fut ramené comme ça à son père sur le quai. Plus mort que vif. La moitié de la ville était là.
- Soit dit M. Bloom. Mais le plus drôle...
- Et Reuben J., dit Martin Cunningham, s'est fendu d'un florin qu'il a remis au batelier en échange de la vie de son fils.
La main de M. Power ne put retenir le souffle qu'elle tentait d'étouffer alors qu'il pouffait.
- Il le lui a remis, insista Martin Cunningham. Grand seigneur. Un florin d'argent.
- N'est-ce pas qu'elle est bien bonne ? s'empressa de dire M. Bloom.
- C'était un shilling huit de trop, jeta M. Dedalus.
Le rire contenu de M. Power fusa dans la voiture.dans Ulysse, de James Joyce - p.123 cinquième phrase et suivantes, Nouvelle Traduction ; Editions Gallimard (2004).
Il ne me reste plus qu'à nommer les quatre maillons à suivre, qui auront la tâche de respecter scrupuleusement le règlement pour compenser un peu le degré de liberté qu'il m'a plus de prendre. J'appelle donc à la barre :
- Rimbus, mon ami du oueb ;
- Sylvie, qui sait pourquoi ;
- Balmeyer, qui ne sait pas pourquoi mais moi je sais ;
- Zoridae, et je ne sais vraiment pas pourquoi, peut-être pour ses beaux yeux et un sourire qu'on tend en retour à une inconnue croisée dans la rue et qu'on ne reverra sans doute plus...
Précision importante à l'attention des quatre nominés : en aucun cas les vacances ne pourront être prétexte à une esquive. Que vous reveniez demain (pas de chance), dans une semaine (c'est court), dans un mois ou dans un an (vous dansiez, j'en suis fort aise), aucune prescription ne sera intervenue pour vous soulager de ce rébarbatif labeur qui demeure impératif.
Eh bien, dansez maintenant !
Bonus Track :
extraits du final du monologue intérieur de Molly Bloom
Source : Page 123, cinquième ligne : Ulysse
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Prix du tabac et cancer de l'esthète
Longtemps
je suis passé pour un original, parce que la mode en était passée
et que moi j'avais passé l'âge mais que je continuais de rouler mes
clopes. J'aime ça, le rituel surtout, une certaine sensualité du
geste, d'abord les doigts et puis la langue...
Puis le prix du tabac s'est mis à flamber et plus il flambait plus les fumeurs venaient ou revenaient au tabac à rouler. Ça m'amusait, moi, de les voir tordre leurs doigts maladroits avant de se coller dans le bec, un peu honteux, un clope aussi inélégant que difforme, aplati aux extrémités, enflé au centre, torsadé. Certains croyaient sans sortir plus glorieusement au moyen d'aberrantes machines à rouler. Mais voilà, l'exercice possède alors à peu près autant d'intérêt que de se servir d'un rasoir électrique plutôt que d'une lame, sans même mentionner le manque de classe. Beaucoup renonçaient après quelques semaines d'efforts louables mais forcément infructueux : habitués de la satisfaction immédiate de leur besoin de fumer, ils ne pouvaient qu'ignorer que le plaisir était dans la façon de la cigarette, bien plus que dans sa consommation - le chemin à parcourir plutôt que le but à atteindre. Le prix des cigarettes pouvaient bien continuer d'augmenter, un monde continuait de nous séparer, eux et moi : fumer était pour eux un luxe, quand cela demeurait pour moi un artisanat, une certaine esthétique prolétarienne.
Alors, quand je lis aujourd'hui sur Liberation.fr que le prix du tabac à rouler va augmenter en août, ça me met en rogne. Car si rouler son clope relève de l'art prolétarien, il est proprement scandaleux qu'on en vienne à rogner aussi sur le pouvoir d'achat des artistes que nous sommes (moi et quelques autres esthètes de l'artisanat tabagique). Il est insupportable et insultant qu'on nous confondent ainsi avec le tout-venant, l'exécrable bourgeoisie des fumeurs, cette cohorte vulgaire des drogués industriels !
D'ailleurs, des études scientifiques réalisées par des laboratoires spécialisés abondent dans mon sens : le vulgaire et l'esthète ne sont pas soumis, face au tabac, aux mêmes dangers. Voici trois photos, extraites du rapport secret détenu par le ministère de la santé depuis plusieurs années, qui en apportent la preuve formelle :
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Que cherche le gouvernement ? A sauver quelques vies triviales au risque de tout bonnement assassiner ma beauté intérieure ? Ne savent-ils pas que tout crime contre le beau est un crime contre l'Homme lui-même ? Je hais ces rustres abominables qui prétendent nous gouverner - et comment le pourraient-ils : ils ne savent pas même vivre !
Source : Prix du tabac et cancer de l'esthète
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Embruns et effluves
Après
Embruns et embrouilles, je remets ça parce que décidément, je
m'amuse beaucoup avec ce garçon - bon, en même temps, c'est presque
trop facile et je vais donc vite me lasser.
Donc, aujourd'hui, après avoir passer quelques heures à s'enorgueillir d'être attentif à la préservation de ce qu'il appelle "son écosystème" de tous ceux qui "le font chier" (je cite) parce qu'ils viennent taquiner sa Môjesté, l'ami Embruns n'a pas résisté et a consacré un billet (bon, je sais pas si c'est là bien le mot) à ces blogueurs qui (donc) "le font chier".
Alors, arriva bien entendu ce qui devait arriver : les qui font chier sa Môjesté Embruns sont venus faire chier sous le billet (non, sûr que c'est pas le mot !) de sa Môjesté Embruns qui donc parlait d'eux.
Moi, forcément, ça m'a inspiré le commentaire suivant - suis comme ça, je résiste pas à mes inspirations (ça m'épuise) :
Dites, laurent, vous ne seriez pas en train de refonder votre écosystème... à vous complaire ainsi à parler des personnes qui (je vous cite) "vous font chier", donc inévitablement à baigner et vous ébattre dans vos propres déjections.
"Embruns", je viens de comprendre : c'est une litote pour les "Effluves" d'un écosystème merdique...
C'est mignon tout plein.
Bon j'admets que "écosystème merdique" prête à confusion (si on ne veut pas faire l'effort nécessaire) et qu'il aurait été plus prècis (mais peut-être moins subtil) d'écrire "écosystème emmerdé". Cela dit, vous je sais pas, mais moi ça me fait rire - je sais, il faut pas dire qu'on se fait rire, c'est un poil prétentieux, mais voilà : ça me fait rire, moi ! (admettez que c'est déjà un beau résultat).
Bref, Embruns, lui, ça ne semble pas du tout l'avoir fait rire et, une fois encore, tout plein de rage, il a gribouillé très fort par dessus mon commentaire. Ce qui, forcément, m'a fait réagir (parce que j'aime bien pousser grand-mère dans les orties) :
C'est marrant, je me doutais que vous seriez inaccessible à ce genre d'humour. vous qui donnez si facilement dans la causticité, vous devenez étrangement très sérieux et très premier degré quand il s'agit de votre propre personne.
Détendez-vous, que diable ! ce ne sont là que joutes verbales sans conséquence - et que vous avez en l'occurrence vous-même initiées avec ce billet, admettez-le.
Détendez-vous, prenez un peu de hauteur et souffrez donc qu'on vous taquine un brin.
Non ?
Bon, jusque là ça va, il n'a pas encore joué les gribouilleuses. Mais c'est peut-être parce qu'il en est, à cette heure où j'écris (tard, trop tard!), à justifier des insinuations d'incitation à la pédophilie visant ces mêmes (toujours) "qui le font chier"...
... tiens tiens, c'est étrange, mais ça devient tout à coup moins marrant. Non ? Voire ça commence à fleurer sacrément mauvais : de vraies effluves de merde, pour le coup.Vous ne sentez pas ? Vous voudriez sentir ? Ledit billet - non, j'ai enfin trouvé le mot qui convient : l'étron est à cette adresse (mais vraiment, c'est uniquement si le coeur vous en dit)...
Source : Embruns et effluves
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Embruns et embrouilles
Toujours des hommes bâtissent des murs pour se protéger et, ce faisant, s'y enferment avec ceux qu'ils veulent reconnaître pour leurs semblables. Ces hommes-là, derrière leurs hauts murs, inaccessibles à tous ceux qui sont en dehors de leur petit monde docile et apprivoisé, sont désespérants.
Embruns a publié une petite heure avant la sortie du nouveau classement Wikio un billet façon vierge effarouchée accouplée au chevalier blanc qui se la pète... dans lequel il demande de ne plus figurer dans le classement Wikio.
Embruns
a donc écrit sa petite bafouille :
"M. Wikio,
Merci de bien vouloir m’enlever dans les meilleurs délais de
votre classement ridicule. Votre bousin ne m’apporte que
des désagréments. Je n’ai pas besoin de plus de visibilité et
je tiens à garder intact l’heureux écosystème qui gravite
autour de mon carnet Web. Je ne tiens pas non plus à être intégré
sans mon accord dans un outil qui manque tant de transparence sur
ses tenants et aboutissants.
Je vous prie également, par la même occasion, de vous abstenir de
republier publiquement la moindre portion de mon flux XML.
Meilleures salutations.
Laurent Gloaguen."
Lisant cela, je me suis quant à moi permis de dire, dans les commentaires du dit brillant billet, ce que j'en pense - tellement ça me semble encore plus con qu'orgueilleux, cette démarche :
"Bah alors ça comme requête, c'est
totalement débile ! Ton blog est public, en parle qui veut, même ce
cher M.Wikio. Hey, Embruns, c'est le oueb, tu te rappelles !
Tant que t'y es, je te suggère ce billet, ça marche aussi
:
Mme Google,
Merci de bien vouloir m'enlever dans les meilleurs délais de votre
base de référencement
ridicule. Votre bousin ne m'apporte que des désagréments. Je
n'ai pas besoin de plus de visibilité et je tiens à garder intact
l'heureux écosystème qui gravite autour de mon carnet Web. Je ne
tiens pas non plus à être intégré sans mon accord dans un outil qui
manque tant de transparence sur ses tenants et aboutissants.
Je vous prie également, par la même occasion, de vous abstenir de
republier publiquement la moindre portion de mon flux XML.
Meilleures salutations.
Laurent JeC+koiInventerPourFaireleMalin"
Ce cher Embruns a choisi de censurer ce commentaire et invoque pour ce faire la raison suivante : "J'ai supprimé votre commentaire qui me traite de débile, vous ne faites justement pas partie de l'écosystème."
Ce à quoi j'ai pondu la réponse suivante : "C'est la requête que je juge débile et c'est sans ambiguïté ce qui était écrit. De même que je trouve maintenant cette censure parfaitement stupide. Quant à vous, je ne vous connais pas et je ne me permets pas de vous qualifier. Eventuellement, je dirais que vous n'êtes décidément pas beau joueur. Rassurez-vous, ce n'est pas bien grave."
Il me faut ici maintenant ajouter - même si ce n'était pas d'avantage ambigü - que c'est à la démarche d'Embruns qu'il faut attribuer le qualificatif de "plus con qu'orgueilleux".
Après, on me dira qu'un individu se définit d'après ses actes. Ce n'est pas faux, mais cela sous-entend l'ensemble de ses actes. Un billet (ou même un blog tout entier) ne saurait se substituer à l'ensemble des actes d'un individu.
Bref, quelle que soit l'importance que lui-même se donne, Laurent Gloaguen ne m'intéresse pas et je le dis sans offense. Je réagis à ce qui me fait réagir - en l'occurence, quelques mots qui me semblent risibles (mais aussi révélateurs d'une forme de pensée) pondus par (mais c'est accessoire) un dénommé Embruns.
Je trouve étrange et fascinant à quel point, même sur un espace aussi libre et à la fois protecteur que le oueb, certains se trouvent encore comme apeurés et bridés, au point de chercher à toute force à se protéger de l'Autre qui les perturbe, qui déforme l'image qu'ils cherchent à donner d'eux-mêmes - et d'abord à eux-mêmes.
Tout bien réfléchi, c'est d'ailleurs sur le thème de "l'écosystème à préserver" qu'il serait le plus intéressant de se pencher. Pour faire court, ça me fait penser à ces fermiers du Far West qui voulurent mettre des barbelés sur la prairie. Toujours des hommes bâtissent des murs pour se protéger et, ce faisant, s'y enferment avec ceux qu'ils veulent reconnaître pour leurs semblables. Ces hommes-là, derrière leurs hauts murs, inaccessibles à tous ceux qui sont en dehors de leur petit monde docile et apprivoisé, sont désespérants.
Source : J'ai été censuré chez Embruns
Crédit photo : Raphael Goetter
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Un billet pour frimer (et passer mes nerfs)
Bruce Springsteen et moi... au Parc des Princes
Vendredi
prochain, le 27 juin, Bruce Springsteen et The E Street Band seront
au Parc des Princes. Et moi aussi !
Et alors, dites-vous ?
...
C'est donc que vous ne savez pas. Vous ne savez pas qui est Bruce Springsteen et donc aussi bien vous ne savez rien. Laissez-moi vous dire un peu et faire votre éducation, vous dire juste deux trois mots à propos du Boss et du rock.
Bruce Springsteen est l'esprit du rock, ça commence comme ça. Bruce Springsteen colle à la culture rock comme ses jeans lui collent aux fesses. Il est à la fois fils de Elvis Presley et de Bob Dylan, et père des Rolling Stones et de Madonna. Il est à la fois la tendresse brute et écorchée de l'enfant qui ouvre ses grands yeux naïfs sur les beautés indicibles du monde et la rage révoltée contre toutes les oppressions conservatrices et morales. Il est la violence d'une eau pure qui tombe en cascade et gicle contre la roche, mais aussi le cours tranquille du ruisseau auquel les amoureux vont se rafraîchir. Il est l'éclat du soleil couchant et la profondeur éternelle de la nuit. Il est la tempête et le silence suspendu qui lui précède. Il est l'émoi timide d'un premier baiser et le déchaînement apoplectique de l'orgasme. Il est l'alchimie parfaite entre virilité totale et sensualité totale. Il est sans compromis et il est The Boss parce qu'en réalité, Bruce Springsteen EST le rock.
J'en fais trop, dites-vous ?
...
Ne m'emmerdez pas ! Comprenez simplement que Bruce Springsteen est de ces rares survivants d'un monde plus entier et qui n'est déjà plus, qui a laissé sa place à ces temps modernes et tristes où l'excès est banni, où l'on exige de chacun d'avoir en toute chose le sens de la mesure et de la pondération, où règnent le relatif et donc les engagements timorés, et triomphent la morosité et tous ces vrais méchants qui eux ne s'embarrassent pas de nuances ou de retenue quand il s'agit de se servir et nous sucer le bonheur à même le cerveau - et non je ne suis pas énervé !
Bruce Springsteen - War (live)
Source : Bruce Springsteen et moi
Tous les hommes dansent
Invitation au voyage - Where the Hell is Matt ?
Matt est un petit gars du Connecticut qui ne dit pas qu'il est poète. Il voyage autour du monde et lorsqu'un endroit lui plaît, il danse devant sa caméra. Et, partout, de Kuwait à Zanzibar, de Madagascar en Nouvelle-Guinée, de Suède en Corée, des Iles Salomon en Argentine, hommes, femmes et enfants dansent avec lui. Et, partout, sur tant de visages différents, c'est le même sourire que l'on retrouve, c'est-à-dire la même humanité qui s'exprime et qui témoigne d'elle-même,de Petra au Machu Picchu.
Ce qui ne gâte rien, c'est que les vidéos de Matt sont une succession de cartes postales du monde, toutes plus belles les unes que les autres. Mais je vous l'ai dit, Matt est un poète. Affaire de sensibilité, sans doute - ou d'humanité.
Where the Hell is Matt? (2008)
Vous pouvez retrouver Matt sur son site, et en particulier toutes ses précédentes vidéos. Faites un beau voyage.
Source : Invitation au voyage
Ta mère en string avec un sex toy !
Fête des mères : peut-on lui offrir un gode ?
En matière de mailing façon spam, je croyais avoir tout reçu, de ceux qui me promettent toutes les manières d'avoir un plus gros zizi (mais comment savent-ils ?) à ceux qui me proposent des pillules de toutes les couleurs pour devenir un meilleur amant (oui, comment ?), du riche héritier africain qui a besoin de faire transiter ses millions par mon compte en banque à la bimbo russe qui m'envoie sa photo nue assortie d'une demande en mariage, en passant bien entendu par des offres non moins alléchantes (sauf que je suis un mordu de la pomme) sur des antivirus pour mon PC (c'est quoi un virus ?).
Mais aujourd'hui, à quelques jours de la fête des mères, voici ce que je reçois dans ma boîte mail :

Moi, j'ai la maman la plus jeune et la plus belle du monde - oui, j'ai cette chance là !... Qui plus est, je suis le gars le plus cool de la terre et d'une largesse d'esprit proprement phénoménale. Pourtant, et allez donc savoir pourquoi, je me vois mal offrir à ma mère, dont cependant j'ai depuis longtemps compris qu'elle était aussi une femme, un mini canard de bain vibrant "Golden duckie", un mini vibromasseur stimulation point G, waterproof, intensité variable ou des boules de geishas perles de plaisir.
Ce n'est pas que je ne lui veuille pas du bien, à ma petite maman chérie, mais de même que je me suis toujours gardé de pénétrer à l'improviste dans sa chambre passée une certaine heure de la nuit, il y a certaines facettes de sa vie de femme desquelles je crois préférable de n'avoir pas à me mêler, fut-ce même avec l'idée innocente de lui faire un grand plaisir. D'ailleurs pour la rendre heureuse, un collier de nouilles a jusqu'ici toujours su faire l'affaire.
C'est là l'immense avantage des mamans sur toutes les autres femmes : quand il s'agit de les combler de bonheur, un rien leur suffit - et, oui je sais, les fils en abusent (je l'entends déjà me dire : "Un peu plus que rien n'est pas mal venu non plus, tu sais..."). Quelqu'un connaît un bon site sur le macramé ?
Source : Ta mère en string avec un sex toy !
Tripod - True Geek Love (avec sous-titres)
Mesdames, votre homme est-il un geek ?
Et d'abord savez-vous ce qu'est qu'un geek ? Sur Wikipedia, on lit ceci : Un geek (terme anglais se prononçant [giːk] ou [dʒiːk] selon les locuteurs, mais c'est [giːk] qui est authentique) est un stéréotype décrivant une personne passionnée, voire obsédée, par un domaine précis, généralement l'informatique. Le type même du geek a un profil scientifique et est féru de superhéros et de science-fiction....
Bon, mais comment reconnaître à coup sûr qu'on vit sous le même toit qu'un geek ? Sexe et geek sont-ils compatibles ? Il me préfère vraiment son ordi ou bien il a une maîtresse ? Que puis-je faire ? Autant de questions que vous êtes de plus en plus nombreuses à vous poser et auxquelles cette petite chanson du groupe Tripod devrait permettre d'apporter certaines réponses définitives :
Tripod - True Geek Love (avec sous-titres)










